
Une polémique révélatrice
Cette déclaration intervient dans un contexte agité, marqué par les révélations du Monde concernant un déjeuner réunissant plusieurs personnalités françaises et Xenia Fedorova. Cette dernière, ancienne directrice de RT France, est souvent présentée comme « une figure majeure de la propagande du Kremlin ». Interrogé sur ses éventuels liens avec ces cercles, Jean-Philippe Tanguy a balayé les accusations d’un revers de main : « Ah non pas du tout. D’ailleurs, tout le monde peut constater, dans la commission d’enquête que j’ai présidée sur les ingérences étrangères, que j’avais œuvré avec ma collègue Constance Le Grip pour écarter les propagandistes. À l’époque, sur LCI, il y avait ce responsable de l’ambassade, un jeune homme élégant qui débité des inepties. Nous avons fortement contribué à ce qu’ils ne soient plus invités. »
🔴 Le conseiller de J. Bardella présent à un déjeuner avec une propagandiste russe ➡️ « Je ne comprends pas du tout […] Peut-être, que c’était à l’insu de son plein gré », dit Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme pic.twitter.com/bumuuvqQ0O
— franceinfo (@franceinfo) May 28, 2026
Alexander Makogonov, cible désignée
Le « responsable de l’ambassade » en question n’est autre qu’Alexander Makogonov, porte-parole officiel de la représentation russe en France. Entre 2022 et 2024, ce diplomate était un invité récurrent de LCI et BFMTV, où il défendait avec brio les positions de Moscou, notamment après l’invasion de l’Ukraine.
Une commission aux conclusions embarrassantes
Cette affirmation renvoie à la commission d’enquête parlementaire sur les ingérences étrangères, lancée à l’initiative du RN à l’automne 2022. Jean-Philippe Tanguy en a assuré la présidence du 25 janvier au 3 juin 2023, aux côtés de la rapporteure Renaissance Constance Le Grip. Officiellement, cette commission devait examiner les tentatives d’influence ou de corruption exercées par des puissances étrangères sur les relais d’opinion, les dirigeants ou les partis politiques français.
Pourtant, le rapport final, publié en juin 2023, a provoqué un tollé au sein du RN. Le parti, qui espérait « laver son honneur » face aux accusations de complaisance envers la Russie, a crié au « sabotage » et au « procès politique », le document s’étant révélé particulièrement critique à son égard.
Un positionnement ambigu
En s’appuyant sur son expérience à la tête de cette commission, Jean-Philippe Tanguy tente aujourd’hui de se distancier de toute proximité avec les « propagandistes » russes. Une stratégie habile, qui lui permet de revendiquer un rôle actif dans la lutte contre l’influence médiatique de Moscou… tout en évitant soigneusement d’évoquer les zones d’ombre de son propre parti.










