Un débat public s’est ouvert le 2 juin en France sur l’un des projets scientifiques les plus ambitieux et les plus contestés d’Europe : le futur collisionneur circulaire (FCC) que le Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN) envisage de construire sous les Alpes franco-suisses.
La machine, baptisée FCC-ee, prendrait la forme d’un anneau souterrain de 90,7 kilomètres, creusé à 400 mètres de profondeur sous la Haute-Savoie, l’Ain et le canton de Genève. Elle serait dotée de douze cavernes d’expérimentation. La phase de construction s’étalerait de 2032 à 2041, pour un coût estimé à 16 milliards d’euros. Une deuxième génération d’engins encore plus puissants, le FCC-hh, est prévue à partir de 2070 pour un investissement supplémentaire de 19 milliards d’euros, précise vert-eco.
L’objectif est d’accélérer des faisceaux de particules à des vitesses inédites pour mieux comprendre l’univers et le comportement de la matière à l’échelle subatomique. Une ambition scientifique légitime, mais dont le coût environnemental fait débat au sein de la communauté.
En fonctionnement, le FCC-ee consommerait en moyenne 1,3 térawattheure d’électricité par an, soit l’équivalent de 600 000 foyers français. Son refroidissement nécessiterait 1,9 million de mètres cubes d’eau annuels, prélevés dans le lac Léman, l’Arve ou le Rhône.
Côté carbone, le CERN reconnaît lui-même qu’aucune analyse complète du cycle de vie n’existe. Un collectif de près de 400 scientifiques avait appelé en février 2025 dans Libération à renoncer au projet, estimant qu’un tel chantier ne pourrait jamais avoir un impact faible en termes de consommation énergétique ou d’artificialisation des sols.
Le débat public, ouvert jusqu’au 2 octobre, doit permettre aux citoyens français de se prononcer avant une éventuelle décision des 38 États membres du Cern en 2028. Ce processus consultatif intervient dans un contexte où les questions d’énergie et d’environnement pèsent de plus en plus dans les choix scientifiques majeurs.










