Par Cyrano de Saint-Saëns
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Les événements de la semaine dernière viennent redessiner le tableau esquissé dans l’article
précédent. L’entreprise que le Souverain Pontife a choisie comme référence « éthique » dans
le débat sur les algorithmes continue en effet d’être intégrée aux systèmes de détection et de
classification des cibles du Pentagone. Les limites infranchissables revendiquées par Dario
Amodei concernent la surveillance des citoyens américains et l’utilisation d’armes
entièrement autonomes. Elles ne concernent en revanche pas les civils qui se trouvent sous
les bombardements.
Alors que le Pentagone procédait officiellement au retrait d’Anthropic de sa chaîne
d’approvisionnement, le modèle Claude contribuait à sélectionner environ un millier de cibles
au cours des premières vingt-quatre heures de l’offensive conjointe américano-israélienne
contre l’Iran. Trois jours plus tard, Christopher Olah était reçu au Vatican pour y recevoir une
sorte de consécration de l’intelligence artificielle qualifiée d’« humaniste ». Deux événements
survenus au cours de la même semaine qui, observés ensemble, finissent par s’expliquer
mutuellement.
Pour comprendre la signification de toute cette affaire, il faut reconstituer avec soin la
succession des événements, car chaque étape modifie la perspective d’ensemble. Le 27
février 2026, Donald Trump signe un décret obligeant toutes les agences fédérales à mettre
fin à toute relation commerciale avec Anthropic. Le même jour, le secrétaire à la Défense
Pete Hegseth classe officiellement la société fondée par Dario Amodei comme un « risque
pour la chaîne d’approvisionnement de la sécurité nationale ». Il s’agit d’une définition sans
précédent dans son application : une société privée américaine est traitée comme un sujet
hostile.
À l’origine de cette mesure se trouvent deux conditions qu’Anthropic a refusé de supprimer
de ses politiques. La première interdit l’utilisation de Claude pour des activités de
surveillance interne des citoyens américains ; la seconde interdit l’intégration du modèle dans
des systèmes d’armes entièrement autonomes. Le Pentagone demandait la suppression de ces
deux restrictions. Sur ces deux points, Amodei a campé sur ses positions.
Deux jours plus tard, à 9 h 45 du matin le 28 février, l’opération Epic Fury, l’attaque
coordonnée entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, est lancée. En quelques jours, plus de
deux mille cibles sont touchées, parmi lesquelles des bases des Gardiens de la révolution
islamique, des dépôts de missiles et des centres de commandement stratégiques. Au cours de
la première journée de l’opération, l’ayatollah Ali Khamenei trouve également la mort. Au
cours de ces mêmes premières vingt-quatre heures, selon les reconstitutions du Washington
Post et du Wall Street Journal, le système intégré Claude-Maven identifie, classe et
hiérarchise environ un millier de cibles, en traitant en temps réel des images satellites, des
renseignements électroniques et des flux de surveillance.
Maven est le principal programme d’intelligence artificielle du département américain de la
Défense. Il a été développé par Palantir, l’entreprise fondée par Peter Thiel, dans le cadre de
contrats dont la valeur totale dépasse le milliard de dollars. Claude a été intégré à Maven à
l’automne 2024, grâce à une collaboration annoncée conjointement par Anthropic, Palantir et
Amazon Web Services. En juin 2025, Anthropic a également présenté Claude Gov, une
version spécialement conçue pour répondre aux besoins des agences de sécurité nationale.
L’élément qui bouleverse radicalement la donne apparaît le 4 mars, lorsque le Washington
Post publie une enquête réalisée en collaboration avec le Wall Street Journal et Bloomberg.
L’enquête révèle que, malgré l’interdiction officielle imposée par la Maison Blanche, le
Pentagone continue d’utiliser Claude via Maven dans le cadre d’opérations contre l’Iran. Une
source militaire anonyme résume toute cette contradiction par une phrase appelée à devenir
emblématique : « Nous ne laisserons pas les décisions d’Amodei coûter ne serait-ce qu’une
seule vie américaine. »
Concrètement, cela signifie que le décret présidentiel touche la marque mais n’interrompt pas
réellement le service. Le modèle continue de fonctionner au sein des réseaux classifiés. Le
logiciel que le président vient d’exclure formellement des contrats fédéraux continue de
contribuer à la sélection des cibles de la guerre même que l’administration mène. Anthropic
ne fait aucun commentaire. Amodei ne manifeste publiquement aucune opposition à
l’utilisation opérationnelle de Claude sur le théâtre iranien, ni dans les jours qui ont suivi les
révélations, ni au cours des semaines où le bilan des victimes continue de s’alourdir.
Le 28 février, un missile Tomahawk américain frappe l’école primaire pour filles Shajareh
Tayyebeh, dans la ville iranienne de Minab, dans la province d’Hormozgan. Selon la
reconstitution des faits fournie par la suite par le secrétaire général de la Commission
iranienne pour l’UNESCO, le bâtiment est touché à deux reprises. Les premières estimations
font état de cinquante-sept fillettes tuées. Les vérifications menées par la suite par le Haut-
Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et par Amnesty International font
grimper le bilan à plus de cent cinquante victimes, parmi lesquelles des élèves, des
enseignants et des parents accourus pour récupérer leurs enfants.
Le Haut-Commissaire Volker Türk parle ouvertement d’une « horreur viscérale », observant
que les images des salles de classe détruites et des familles en deuil montrent clairement qui
paie le prix le plus lourd de la guerre : des civils dépourvus de tout pouvoir sur les décisions
qui ont conduit au conflit. L’UNESCO qualifie cette attaque de grave violation du droit
humanitaire.
Au cours des semaines suivantes, le nombre total de cibles traitées par le système Claude-
Maven atteint le chiffre de onze mille. Le Pentagone élève la plateforme au rang de «
programme officiel d’enregistrement » et plus de vingt-cinq mille comptes militaires sont
activés. Le 13 mars, le député démocrate Jason Crow, accompagné de cent vingt membres du
Congrès, adresse une demande officielle au secrétaire à la Défense pour savoir si le Maven
Smart System a contribué à identifier l’école Shajareh Tayyebeh comme cible et, le cas
échéant, si cette décision a été vérifiée par un opérateur humain. Au moment de la rédaction
de cet article, aucune réponse publique n’a encore été rendue publique.
Quelques jours plus tard, le 25 mai, Christopher Olah arrive à Rome. Léon XIV signe la
Magnifica Humanitas, première encyclique de son pontificat. Anthropic devient
l’interlocuteur choisi par le Saint-Siège pour aborder le thème de l’intelligence artificielle
face à l’opinion publique mondiale.
Les deux lignes rouges d’Amodei et celle qui manque
Il faut être extrêmement précis sur ce point, car une grande partie du discours public qui a
suivi repose précisément sur ce qui n’est pas explicité. Les clauses qu’Anthropic refuse de
supprimer de ses accords militaires ne sont que deux : l’interdiction de la surveillance de
masse des citoyens américains et l’interdiction d’utilisation au sein de systèmes d’armes
entièrement autonomes dépourvus de supervision humaine.
Tout le reste reste possible.
La sélection algorithmique des cibles lors d’opérations militaires contre des États étrangers ne
constitue pas une ligne infranchissable. L’analyse en temps réel d’images satellites,
d’interceptions et de données de surveillance au-dessus de Téhéran, d’Ispahan ou de Minab
ne l’est pas non plus. L’intégration du modèle dans le système Maven, d’où proviennent les
mille cibles identifiées dès le premier jour de la guerre, ne l’est pas non plus.
Le journaliste Spencer Ackerman, lauréat du prix Pulitzer pour ses enquêtes sur la sécurité
nationale, a efficacement résumé ce paradoxe. Selon lui, Amodei ne considère pas comme
problématique un système de surveillance visant les étrangers ; le moment de se poser la
question aurait été avant de signer le contrat qu’il n’entend pas aujourd’hui abandonner.
Il s’agit d’une critique sévère, mais fondée sur les faits disponibles. Les deux lignes rouges
d’Anthropic dessinent en effet une géographie morale précise : le citoyen américain soumis à
la surveillance représente un problème ; l’étranger touché par des opérations militaires, non.
L’arme entièrement autonome est considérée comme inacceptable ; le système semi-
autonome qui utilise Claude pour identifier la cible est en revanche toléré.
Hannah Arendt, dans La banalité du mal, décrivait la responsabilité au sein des systèmes
bureaucratiques de l’extermination en observant que le problème ne résidait pas
nécessairement dans l’adhésion idéologique au mal, mais dans l’incapacité à réfléchir aux
conséquences de ses propres actions au sein d’une chaîne technico-administrative qui
déchargeait les individus de toute responsabilité morale.
Bien sûr, la comparaison ne peut être transposée mécaniquement à la Silicon Valley
contemporaine. Ce serait inapproprié et disproportionné. Et pourtant, quelque chose du
mécanisme identifié par Arendt semble trouver un écho dans la définition des lignes rouges
d’Anthropic : non pas une réflexion globale sur l’utilisation du modèle dans les conflits
armés, mais une délimitation technico-contractuelle conçue pour protéger le produit des
conséquences les plus évidentes en termes de réputation sur le marché américain, tout en
laissant ouvertes toutes les autres utilisations.
La surveillance interne aurait exposé l’entreprise aux contestations des citoyens américains.
Les armes entièrement autonomes auraient provoqué la réaction des comités d’éthique
universitaires et des institutions académiques bailleuses de fonds. Le soutien algorithmique à
la sélection de cibles sur un théâtre d’opérations étranger, en revanche, non.
C’est précisément dans ce contexte que la rupture avec Trump prend tout son sens. Le conflit
entre la Maison Blanche et Anthropic ne représente pas une opposition entre éthique et
militarisme. Il reflète plutôt une dispute interne au complexe militaro-technologique
américain concernant les limites acceptables de la surveillance intérieure et de
l’automatisation létale.
Anthropic ne rejette pas la guerre en tant que telle. Elle rejette uniquement la configuration
susceptible de compromettre son positionnement sur le marché civil. En ce qui concerne le
soutien militaire destiné aux théâtres d’opérations étrangers, la société reste pour l’essentiel
alignée sur le Pentagone même qui l’a formellement exclue. L’interdiction n’interrompt pas
la fourniture. Le système continue de fonctionner. Les opérations se poursuivent. Et la
bénédiction adressée à Rome est déjà en route.
La guerre froide du silicium
Il existe un deuxième champ de bataille, parallèle à celui du domaine militaire, sur lequel
Dario Amodei a investi une quantité considérable de capital politique au cours de l’année
écoulée. Nous sommes à Davos, en janvier 2026. Depuis la tribune du Forum économique
mondial, le fondateur d’Anthropic critique ouvertement l’administration Trump pour avoir
autorisé la vente des processeurs Nvidia H200 à la Chine, contournant de fait les restrictions
introduites sous la présidence Biden.
La phrase par laquelle Amodei résume sa position fait rapidement le tour du monde : «
Devrions-nous peut-être vendre des armes nucléaires à la Corée du Nord simplement parce
que Boeing en tirerait un profit ? ». La comparaison est volontairement extrême, mais le
message est sans équivoque. Selon Amodei, Washington cède à Pékin le matériel qui
constitue la base de son avantage technologique, et ce parce que le chiffre d’affaires généré
par ces ventes — ainsi que les recettes fiscales qui en découlent — est trop élevé pour être
sacrifié.
Le plus intéressant est que Nvidia, le fabricant des puces en question, est à la fois partenaire
industriel et investisseur d’Anthropic. Amodei critique donc une partie de sa propre chaîne
d’approvisionnement pour demander au gouvernement américain une politique de
confinement plus stricte. Il ne s’agit pas d’une contradiction, mais bien du cœur même de sa
vision politique.
La thèse défendue par Anthropic lors de conférences internationales, dans des éditoriaux
publiés dans le Wall Street Journal et dans les interventions de son responsable des
politiques, Jack Clark, est claire : la Chine tenterait de réduire son retard technologique par
rapport aux États-Unis grâce à une combinaison d’importations illégales de puces de pointe,
d’utilisation abusive de modèles occidentaux pour entraîner des systèmes concurrents et
d’une politique industrielle particulièrement agressive dans le secteur des semi-conducteurs.
Selon cette interprétation, la seule façon de préserver l’avantage stratégique américain
consiste à empêcher Pékin d’accéder aux processeurs haut de gamme. Toujours. Partout.
Même si cela devait réduire les bénéfices de Nvidia ou mécontenter les actionnaires de
TSMC.
C’est une position qui révèle très clairement la nature politique de l’entreprise. Anthropic ne
se considère pas simplement comme un fournisseur de technologie. Elle se perçoit comme
partie intégrante de l’architecture de la sécurité nationale américaine face à un adversaire
systémique.
L’image d’un dirigeant d’une entreprise privée invitant son propre gouvernement à
restreindre le commerce technologique pour des raisons stratégiques illustre parfaitement la
nouvelle guerre froide du XXIe siècle. Internet est né de programmes financés par le
Pentagone dans les années 1960. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle générative semble
revenir à ce point d’origine : elle n’est plus un simple produit commercial, mais une
infrastructure stratégique nationale.
Les entreprises qui développent ces technologies ne peuvent plus se permettre la neutralité.
Elles doivent choisir leur camp. Anthropic a déjà fait son choix.
En 2016, Giulietto Chiesa, dans son livre Putinfobia, décrivait une future confrontation
systémique entre l’Occident et le monde non aligné qui prendrait des formes très différentes
de celles de la guerre froide classique. Selon son analyse, le conflit ne se serait pas
principalement déroulé à l’aide d’armées et d’armements conventionnels, mais par le contrôle
des réseaux, des infrastructures numériques et des flux d’informations.
Dix ans plus tard, cette prévision semble étonnamment d’actualité. Les frontières qui
séparaient autrefois l’économie, la technologie et la guerre sont désormais floues.
L’infrastructure numérique est devenue à tous égards un espace opérationnel.
Lors de conférences spécialisées, on parle ouvertement de « mutual assured disruption »,
l’équivalent informatique de la « mutual assured destruction » nucléaire. La logique repose
sur la paralysie réciproque des infrastructures critiques en cas de conflit, fondée sur
l’interdépendance et la vulnérabilité partagée.
Les États-Unis dépendent profondément de leurs propres réseaux numériques. La Chine, dans
certains secteurs, en dépend encore davantage. En quelques années, Pékin a mis en place des
systèmes de paiement électronique, de reconnaissance faciale, de logistique algorithmique et
de surveillance sociale à une échelle qui a nécessité des décennies en Occident.
C’est au cœur de cette nouvelle compétition qu’Anthropic occupe une position centrale. Avec
une valorisation oscillant entre quatre cents et neuf cents milliards de dollars, l’entreprise
n’est pas seulement un fournisseur de services technologiques. Elle constitue l’un des nœuds
stratégiques de l’ensemble de l’architecture américaine.
Maven, Caracas, Téhéran. Les opérations de Claude
Pour comprendre la portée concrète de ces dynamiques, il faut abandonner le plan théorique
et observer les opérations réelles.
Le premier conflit significatif entre Anthropic et le Pentagone survient en janvier 2026 lors
de la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro à Caracas. L’opération est menée par
la CIA avec le soutien du système Maven et, par conséquent, du modèle Claude.
Anthropic proteste officiellement, affirmant que l’opération dépassait les limites prévues par
les accords existants. À partir de ce moment, les relations avec le département de la Défense
entrent dans une phase de tension croissante.
Le Pentagone exige la suppression des clauses qui avaient entravé l’utilisation du système
dans le cas vénézuélien. Anthropic continue de s’opposer sur les deux points déjà connus. La
crise s’aggrave jusqu’au décret signé par Trump et à la nomination officielle de Hegseth. Le
lendemain, la guerre contre l’Iran éclate.
Lorsque la campagne iranienne démarre, Anthropic est théoriquement exclue du département
de la Défense. En pratique, son logiciel continue d’être présent partout.
Les réseaux classifiés ne peuvent pas être désactivés par un simple communiqué publié sur
Truth Social. Maven continue de fonctionner. Et Maven continue de fonctionner grâce à
Claude.
Selon plusieurs sources, Palantir aurait besoin de plusieurs mois pour remplacer
complètement le modèle au sein du système. Entre-temps, le conflit est déjà en cours et
l’interdiction devient pratiquement inapplicable.
Une source citée par Reuters résume le problème en termes extrêmement concrets : le Maven
Smart System continuera de fonctionner avec Claude jusqu’à ce qu’une alternative
techniquement fiable soit disponible. Et, pour l’instant, il n’existe pas d’alternative.
En ce sens, l’interdiction représente une déclaration politique. La fourniture technologique,
en revanche, reste une réalité matérielle.
Cette distinction aide à comprendre comment Amodei peut défendre simultanément deux
positions apparemment incompatibles. Sur le plan public, il peut se présenter comme
l’entrepreneur qui a défendu des principes éthiques en payant le prix de son exclusion du
Pentagone. Sur le plan opérationnel, il continue de fournir le modèle utilisé pour identifier les
cibles de l’opération Epic Fury.
Le discours public et la réalité contractuelle coexistent sans s’annuler mutuellement. Le
marché civil voit le premier. Les appareils de sécurité observent le second.
Walter Benjamin écrivait que tout document de civilisation est en même temps un document
de barbarie. C’est une réflexion qui mérite d’être rappelée.
La Magnifica Humanitas représente la tentative de l’Église de réaffirmer la centralité de
l’humain au sein de la transformation technologique en cours. Maven au-dessus de Minab
représente au contraire la dimension opposée : la traduction opérationnelle de cette même
technologie dans un contexte de guerre.
Ces deux phénomènes se produisent au cours de la même période historique et impliquent la
même entreprise. Pourtant, ils sont perçus par l’opinion publique de manière très différente.
Le premier construit une nouvelle légitimité morale. Le second parvient rarement à produire
le même impact.
Peut-être parce que le premier s’exprime dans les langages universels de l’éthique et de la
religion, tandis que le second reste confiné aux rapports techniques, aux statistiques et aux
chroniques de guerre.
C’est de là que naît la question qui concerne directement le Vatican.
Lorsque le Saint-Siège a choisi Anthropic comme interlocuteur privilégié sur le thème de
l’intelligence artificielle, était-il au courant de ses relations avec Palantir ? Connaissait-il le
projet Claude Gov ? Avait-il suivi les polémiques relatives au Venezuela et à l’Iran ?
Ces informations étaient publiques. Les enquêtes journalistiques circulaient depuis des
semaines. Des organisations internationales, des parlementaires et des organes des Nations
unies avaient déjà soulevé des questions importantes.
Il devient donc difficile de soutenir qu’une structure diplomatique aussi sophistiquée que
celle du Vatican n’en avait pas connaissance.
Il reste donc deux interprétations possibles. La première est que la Curie ait évalué les coûts
moraux de ce choix et les ait jugés acceptables au regard de l’influence que l’Église peut
exercer dans le débat mondial sur l’intelligence artificielle. La seconde est qu’elle ait décidé
de tenter une stratégie de transformation de l’intérieur, en espérant que le dialogue puisse
modifier le comportement de l’entreprise au fil du temps.
Ces deux hypothèses sont plausibles. Aucune des deux, cependant, ne peut être considérée
comme neutre.










