
Une ancienne professeure de la Star Academy affirme que le comportement attribué à Patrick Bruel était connu depuis longtemps dans une partie du milieu télévisuel. Citée anonymement dans une enquête de franceinfo, cette professionnelle raconte que des consignes auraient circulé en coulisses pour éviter que des femmes se retrouvent seules avec le chanteur.
Son témoignage s’ajoute aux nombreuses accusations visant Patrick Bruel, déjà cité dans plusieurs enquêtes journalistiques et procédures judiciaires liées à des faits présumés de violences sexuelles.
Une ancienne professeure de la Star Academy parle d’un secret connu dans le métier
Selon cette ex-professeure de la Star Academy, l’entourage professionnel de Patrick Bruel ne découvrait pas les accusations au moment de leur médiatisation. Elle assure au contraire que des précautions auraient existé depuis des années dans les émissions auxquelles il participait.
« Les gens qui disent tomber des nues sont des menteurs », affirme-t-elle. Avant d’ajouter : « Tout le métier est au courant depuis toujours qu’il a un problème avec les femmes. Le but du jeu était de ne jamais se retrouver dans un ascenseur avec lui. »
Ces propos, tenus sous couvert d’anonymat, décrivent un fonctionnement discret, fait de mises en garde et d’arrangements en coulisses. D’après ce témoignage, certaines équipes auraient cherché à éviter les situations où une femme pouvait se retrouver seule avec Patrick Bruel, notamment dans une loge, un ascenseur ou un espace isolé.
Des consignes autour des loges et des plateaux télé
Le récit évoque des habitudes installées dans plusieurs émissions télévisées. Des producteurs, animateurs, techniciens ou collaborateurs auraient été informés de ces précautions, sans que cela soit dit publiquement.
Dans le texte transmis, plusieurs exemples sont cités : une maquilleuse présente dans les coulisses de Nulle Part Ailleurs en 1996, ou encore une pianiste liée à La Chanson de l’année en 2014. Ces femmes ont été averties, directement ou indirectement, qu’il fallait faire attention.
Déjà en 1996, Nathalie, intermittente du spectacle pour l’émission « Nulle part ailleurs » de Canal +, dit avoir été avertie : « Fais gaffe : c’est Bruel que tu vas maquiller ». Pour se protéger, elle explique avoir revêtu un bleu de travail. Mais cela n’aurait pas suffi : « Je lui ai dit que je faisais de la boxe française et qu’il ne fallait pas me chercher. Le problème, c’est que ça l’a excité. Il m’a répondu : ‘J’aime quand on résiste’ » ou encore : ‘On a envie de voir ce qu’il y a là-dessous’ », se remémore-t-elle, trente ans après.
L’ancienne professeure de la Star Academy explique aussi pourquoi elle choisit de rester anonyme. Selon elle, parler à visage découvert expose encore aujourd’hui à des représailles professionnelles ou à une mise à l’écart. « Tout le monde a peur de perdre quelque chose », dit-elle.
Cette phrase résume une partie du problème décrit par les témoins : la crainte de perdre un contrat, une place dans une équipe, un accès aux émissions ou simplement la possibilité de continuer à travailler dans le même milieu. Patrick Bruel avait une influence considérable dans le milieu, et donc la possibilité de mettre un coup d’arrêt à une carrière, voire de faire perdre un simple emploi.
Les Enfoirés également cités dans les témoignages
Les concerts des Enfoirés sont aussi mentionnés dans les récits rapportés. Plusieurs femmes ayant travaillé autour de ces spectacles affirment avoir été prévenues, elles aussi, de ne pas se retrouver seules avec Patrick Bruel.
Le chanteur a longtemps été l’une des figures régulières de la troupe. D’après des informations confirmées fin mai, il ne participera pas aux prochains spectacles, une décision présentée comme un retrait de sa part afin de ne pas mettre les Restos du Cœur et les Enfoirés dans l’embarras.
La direction artistique des Enfoirés n’a pas souhaité commenter en détail les accusations rapportées dans les médias.










