Le 29 avril 2026, le sénateur républicain Ron Johnson (Wisconsin), président de la Sous-commission permanente d’enquêtes (Permanent Subcommittee on Investigations – PSI) du Sénat américain, a tenu une audition intitulée «Démasqués : comment les responsables de la santé de l’administration Biden ont délibérément fermé les yeux sur les signaux de sécurité des vaccins contre le COVID-19 ».
Cette audition, diffusée en direct sur le compte X du sénateur Johnson, Rumble et le site de la commission, s’accompagnait de la publication d’un rapport intérimaire de la majorité (39 pages) et d’environ 600 pages de documents issus du ministère de la Santé et des Services sociaux (HHS). Ces éléments accusent les responsables de la FDA (Food and Drug Administration) sous l’administration Biden d’avoir sciemment ignoré une méthode de détection des signaux de sécurité plus performante dans le système VAERS (Vaccine Adverse Event Reporting System).

Le cœur du rapport : une méthode supérieure ignorée pour éviter « l’anti-vaccinisme »
Dès le début de 2021, la docteure Ana Szarfman, médecin senior et experte en data mining à la FDA (Center for Drug Evaluation and Research – CDER), a alerté ses supérieurs sur les limites du système de data mining empirique bayésien alors utilisé par l’agence, le Multi-item Gamma Poisson Shrinker (MGPS). Ce système souffrait d’un phénomène appelé « masking » (masquage) : les vaccins COVID-19, administrés massivement, « masquaient » les signaux de sécurité en étant comparés à d’autres vaccins, rendant les effets indésirables moins visibles.

En collaboration avec le statisticien William DuMouchel (inventeur du MGPS et de son évolution), le Dr Szarfman a développé et proposé la Regression-Adjusted Gamma Poisson Shrinker (RGPS), une méthode « state of the art » capable de corriger ce masquage et de détecter bien plus efficacement les signaux statistiques.
Entre mars et juillet 2021, ses analyses RGPS ont révélé :
- 49 exemples de masquage extrême ;
- Environ 25 nouveaux signaux de sécurité statistiquement significatifs non détectés par le MGPS, dont : mort cardiaque subite, paralysie de Bell, infarctus pulmonaire, infarctus aigu du myocarde (pour Moderna et Pfizer), embolie et thrombose (Janssen et Pfizer), démence (Pfizer), et augmentation des décès et morts subites (Moderna et Pfizer).
Malgré ces alertes répétées, les hauts responsables de la FDA (dont le Dr Peter Marks, directeur du Center for Biologics Evaluation and Research – CBER) ont refusé d’adopter la RGPS. Pire : ils ont demandé au Dr Szarfman de « cesser et s’abstenir » de produire ces rapports, qualifiant son travail de « distraction » susceptible de « nourrir la rhétorique anti-vaccin ». En 2022, la FDA et le CDC ont même limité la diffusion des rapports hebdomadaires de data mining pour éviter les demandes FOIA (accès à l’information).
Le rapport conclut que ces choix ont potentiellement mis en danger des millions d’Américains en empêchant une pharmacovigilance efficace au moment où les vaccins étaient déployés à grande échelle.
Les témoins : experts et victime du virus. Trois témoins clés
L’audition a réuni trois témoins principaux (Panel I) :
- David Wiseman, Ph.D., M.R.Pharm.S. : Expert en pharmacovigilance, il a détaillé le problème du masking dans VAERS et démontré, à partir de ses propres analyses, que des centaines de signaux ont été perdus à cause du masquage, du filtrage et du sous-signalement (« truancy »). Il a confirmé que la FDA disposait pourtant de la solution RGPS dès 2021.
- Dr Karl Jablonowski, Ph.D. (Children’s Health Defense) : Il a insisté sur les limites des essais cliniques initiaux : « Les phases 1 et 2 ont porté sur quelques centaines de personnes en très bonne santé. La phase 3 sur quelques milliers. Nous n’avons aucune idée des effets dans une population réelle et diverse. L’essai clinique ne se termine jamais : la population devient le sujet d’une expérience non contrôlée. »
Il a insisté sur les limites des essais cliniques initiaux des vaccins (« pathetically tested »), l’absence d’études d’interactions médicamenteuses, de toxicité cardiovasculaire, neurologique, etc., et la nécessité absolue d’une vraie pharmacovigilance post-commercialisation.
- Maria Young, survivante du COVID-19 :« En 2020, je suis passée d’une femme en bonne santé et active à une patiente sédatée, paralysée et placée sous assistance respiratoire en quelques jours. J’ai passé 69 jours sous ECMO, 70 jours sous ventilateur et plus de quatre mois à l’hôpital, dont la majorité dans le coma induit. »
Le sénateur Richard Blumenthal (D-Connecticut), membre démocrate de rang, a notamment utilisé le témoignage émotionnel de Mme Young pour défendre l’importance des vaccins et contrer le focus sur les signaux de sécurité.
Les preuves documentaires accablantes : les emails internes de la FDA
Les 600 pages de documents déclassifiés (partie 1, partie 2, partie 3, fichiers excel) contiennent des emails internes extrêmement révélateurs. Exemple emblématique (13 juillet 2021) : Richard Forshee (CBER/OBE) écrit à Peter Marks après un appel de Szarfman :
« Ana Szarfman a appelé… elle et Bill DuMouchel ont trouvé un risque accru de mortalité après vaccination COVID-19 par data mining. Je suis très inquiet que cette association soit spuria… due à la priorisation des personnes à haut risque. »
Marks répond simplement : « Thanks so much for documenting this. I will follow up appropriately. » D’autres emails montrent que Szarfman a été priée de cesser ses rapports RGPS et que la FDA a volontairement limité la diffusion des analyses pour éviter les demandes FOIA.
Ces documents constituent le cœur de l’accusation : les officiels savaient, avaient les outils, mais ont choisi de ne pas les utiliser.

Contexte et réactions
Le sénateur Johnson mène depuis plusieurs années des enquêtes sur la réponse COVID de l’administration Biden, notamment sur l’origine du virus, la censure et la sécurité des vaccins. Cette audition s’inscrit dans une série de travaux de la PSI sur le sujet.
Sur X, les réactions ont été vives : nombreux soutiens à Johnson pour sa quête de transparence, accusations de « plus grand crime de l’histoire » de la part de certains, tandis que d’autres rappellent que les deux administrations (Trump et Biden) ont promu les vaccins. Des médecins et associations comme Children’s Health Defense ont partagé des extraits de l’audition soulignant les failles de la surveillance.Des médias conservateurs (Daily Caller, The Gateway Pundit, Townhall) ont couvert l’événement comme une preuve de « cover-up » évident.
Sur X, le tweet de Mike Benz (@MikeBenzCyber) a particulièrement circulé : il diffuse des captures d’écran des mêmes emails internes en les comparant aux tactiques de dissimulation de Goodfellas pour échapper aux enquêtes.
Read these 4 screenshots https://t.co/uYzLWVQ3oR pic.twitter.com/1ZneQQ2Yha
— Mike Benz (@MikeBenzCyber) April 30, 2026

Des voix plus critiques ont souligné que le rapport reste intérimaire et que la FDA avait jugé la RGPS potentiellement source de faux positifs.
Pourquoi cette audition compte-t-elle ?
Au-delà des clivages politiques, cette enquête soulève une question fondamentale de santé publique : les agences fédérales ont-elles priorisé la rapidité de déploiement des vaccins au détriment d’une détection rigoureuse des risques ? Le rapport ne remet pas en cause l’existence des vaccins, mais accuse une opacité et un refus d’utiliser les meilleurs outils disponibles, ce qui a pu retarder des alertes publiques et des ajustements de politique.
Le sénateur Johnson a déclaré que les documents produits « parlent d’eux-mêmes » et a invité chacun à juger par lui-même du caractère « incriminant » du titre du rapport.
L’audition et le rapport sont disponibles en intégralité sur le site de la commission du Sénat et sur les plateformes de diffusion du sénateur. Les quelque 600 pages de documents bruts (avec très peu de caviardages) constituent une mine d’informations pour les chercheurs, journalistes et citoyens soucieux de transparence.
Cette affaire pourrait relancer le débat sur la réforme de la pharmacovigilance aux États-Unis et sur la confiance du public dans les institutions de santé. À suivre.










