Je participe à ce collectif !

Pour vous inscrire au collectif et ainsi participer à l’aventure… Inscrivez-vous via ce formulaire…

N.B : Les données enregistrées ne sont utilisées que pour vous contacter… Elles sont stockées sur une interface d’hébergement personnelle (hébergeur mutualisé). Elle sont donc sécurisées le plus possible…Et difficilement “piratables”…

Cette information sera masquée du public
Obligatoire, car c'est ce qui vous identifie sur le réseau à la place de votre nom
Non obligatoire mais important pour vous mettre en relation
Sous la forme : 20, Rue Machin Bidule , 14000 CAEN
Pour vous contacter et former le réseau. Vous serez informé du lancement du collectif et des actions locales. Cette information sera masquée du public. Seul un formulaire de contact permettra de vous contacter publiquement.
Recevoir la newsletter ?

Retrouvez-nous aussi sur :

Pour info, notre page facebook a été piratée, inutile de continuer à la visiter !

France : un micro-rebond conjoncturel qui ne change pas la donne structurelle

Partagez cette page sur : 


L’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France, publiée le 9 juillet, offre un léger soulagement conjoncturel. Selon les 8 500 chefs d’entreprise interrogés fin juin-début juillet, l’activité s’est raffermie en juin dans l’industrie et a rebondi dans les services marchands et le bâtiment, après un mois de mai marqué par les jours fériés. 

BdF

Les entreprises ont globalement su s’adapter à la canicule de la seconde semaine de juin en modifiant les horaires de travail. La BdF estime désormais une progression du PIB de +0,2 % au deuxième trimestre, révisée à la hausse par rapport à une stagnation précédemment anticipée, après un premier trimestre en léger recul (-0,1 %).

BdF

Ce micro-rebond éloigne temporairement le spectre d’une récession technique. Pourtant, il ne faut pas confondre ce rattrapage circonstanciel avec une véritable dynamique de croissance. Le gouvernement a abaissé sa prévision annuelle 2026 à 0,7 % (contre 0,9 % auparavant). Le FMI (fond monétaire international) l’a même revue à 0,6 %. Bercy doit trouver 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires d’ici septembre (2 milliards sur le budget de l’État, 1 milliard sur l’Assurance maladie). Ce décalage rappelle brutalement la réalité du moment : une économie française qui avance à petits pas dans un environnement incertain, sans élan structurel solide.

 

Un rebond fragile, sectoriel et potentiellement éphémère

Les détails de l’enquête confirment le caractère limité de cette amélioration tout en en précisant la nature. Dans l’industrie, la progression touche surtout les secteurs technologiques, de la défense et un effet de rattrapage particulièrement visible dans l’automobile. Les carnets de commandes restent quasi-normaux. Les services marchands rebondissent après la contraction de mai, mais le bâtiment reste fragile.

Plusieurs facteurs expliquent cette amélioration : le rattrapage après les perturbations de mai, la résilience de certains secteurs d’exportation et une détente progressive de l’indicateur d’incertitude, qui revient aux niveaux observés avant le conflit au Moyen-Orient. La hausse des prix des matières premières et de l’énergie tend par ailleurs à s’atténuer, tandis que les prix de vente continuent d’augmenter, mais à un rythme plus modéré.

indicateur d'incertitude

Ces éléments positifs restent toutefois circonscrits. Pour juillet, les dirigeants anticipent une poursuite de l’activité, mais à un rythme plus modéré dans l’industrie et les services, et très faible dans le bâtiment. La trésorerie se dégrade légèrement dans les services. Des branches comme l’automobile ou l’habillement devraient reculer. Surtout, ce rebond n’efface pas l’atonie de la demande intérieure ni les incertitudes persistantes. Il s’agit d’un micro-ajustement conjoncturel, pas d’une reprise robuste.

 

Des contraintes macroéconomiques et budgétaires lourdes

Ce contexte explique pourquoi la prévision annuelle a été revue à la baisse malgré l’amélioration du deuxième trimestre. Le début d’année a été moins favorable qu’anticipé, en raison notamment du retard dans l’adoption du budget et d’une consommation d’énergie plus faible que prévu. L’impact résiduel du choc énergétique lié aux tensions au Moyen-Orient continue de peser, même si les prix du pétrole se sont stabilisés après les épisodes de volatilité du printemps. La demande intérieure reste atone et les incertitudes géopolitiques freinent l’investissement des entreprises.

Sur le plan budgétaire, la situation est tendue. La révision de la croissance à 0,7 % complique l’atteinte de l’objectif de déficit public à 5 % du PIB. Le gouvernement a donc annoncé 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires, qui s’ajoutent aux mesures déjà prises au printemps. La dette publique, qui a atteint 117,5 % du PIB à la fin du premier trimestre 2026 (3 536 milliards d’euros), limite encore davantage les marges de manœuvre. valeursactuelles.comCes ajustements sont nécessaires pour restaurer la crédibilité des finances publiques, mais ils risquent de peser sur la croissance s’ils touchent trop fortement les dépenses d’avenir.

Le coût du service de la dette aggrave encore la pression : la charge d’intérêts devrait approcher 77 milliards d’euros en 2026, en forte hausse, et dépasser les budgets de plusieurs ministères majeurs (Éducation ou Défense). Cet « étouffement par la dette » n’est plus un risque futur, mais une réalité qui réduit les marges de manœuvre et menace d’évincer les dépenses productives.

 

Un environnement européen et monétaire délicat

Cette situation française s’inscrit dans un cadre européen plus large, où la politique monétaire joue un rôle déterminant. Après la hausse des taux directeurs décidée par la BCE en juin (taux de dépôt porté à 2,25 %), la réunion du 23 juillet devrait plutôt déboucher sur une pause. L’inflation en zone euro montre des signes de reflux, en partie grâce à l’évolution des prix de l’énergie. En France, l’inflation a d’ailleurs nettement ralenti en juin à 1,8 % sur un an (après 2,4 % en mai), portée par le ralentissement des prix de l’énergie. (Source : insee.fr)

Cependant, les risques géopolitiques persistent. Une nouvelle flambée des tensions au Moyen-Orient pourrait raviver les pressions inflationnistes. Pour la France, dont la croissance reste structurellement faible et la dette élevée, un maintien ou un durcissement des taux pourrait freiner le rebond observé au deuxième trimestre et compliquer l’ajustement budgétaire. La BCE doit donc naviguer entre la nécessité de contenir l’inflation et le soutien à une activité encore fragile dans certains pays membres, dont la France. Une politique monétaire trop restrictive risquerait d’asphyxier ce micro-rebond déjà fragile ; une trop grande complaisance pourrait laisser l’inflation s’ancrer durablement.

 

2026 : une année de sobriété forcée, marquée par les difficultés des entreprises

Au-delà des ajustements conjoncturels, 2026 s’annonce comme une année de sobriété forcée pour l’économie française. Les défaillances d’entreprises restent à un niveau élevé : autour de 70 000 sur 12 mois glissants fin mai, bien au-dessus de la moyenne pré-Covid (environ 59 000). Les projections pour l’année complète évoquent 71 000 à 75 000 procédures, un record historique selon l’AGS, avec un coût en avances de salaires qui pourrait atteindre 2,6 milliards d’euros. L’industrie et le commerce sont particulièrement touchés. Ces faillites en série traduisent les fragilités accumulées : coûts énergétiques, demande atone et difficultés de trésorerie.

La sobriété budgétaire est inévitable pour maitriser la trajectoire des finances publiques, mais les coupes seules risquent d’entretenir un cercle vicieux (moins de croissance → plus d’économies → moins de croissance encore). Sans réformes structurelles profondes — productivité, marché du travail, fiscalité des entreprises, formation, priorisation des investissements (défense, IA, transition) —, la France risque de s’installer dans une croissance molle durable. Les secteurs d’excellence existent, mais ils ne suffisent pas à compenser l’atonie générale.

Le prix de l’essence, qui a repassé la barre des 2 euros le litre pour le SP95-E10 ces derniers jours en raison de la reprise des tensions au Moyen-Orient, vient alourdir le fardeau des ménages et des entreprises. Ce retour de la hausse des carburants rappelle que les chocs externes restent une menace permanente sur le pouvoir d’achat et les coûts de production.

Transformer la contrainte budgétaire en opportunité de modernisation constitue le véritable défi. Si le rebond du deuxième trimestre se confirme et se prolonge, et si des réformes crédibles sont engagées rapidement, 2027 pourrait marquer un tournant positif. À défaut, la France s’expose à une stagnation prolongée, avec des conséquences sociales et politiques lourdes.

 

Réalisme et urgence des choix

Ce micro-rebond de juillet apporte un répit conjoncturel, mais il ne doit pas créer d’illusion. La réalité du moment reste celle d’une économie fragile, confrontée à une dette coûteuse, des faillites nombreuses et une croissance structurellement faible. 2026 exigera une sobriété budgétaire rigoureuse, mais aussi une véritable stratégie de réformes pour transformer les contraintes en leviers. Entre le contexte géopolitique incertain, le dilemme monétaire européen et la nécessité d’une sobriété budgétaire intelligente, l’enjeu est clair : passer d’une gestion au plus près à une stratégie de transformation.

Sans audace structurelle, le risque est grand de voir la France s’enfermer dans une trajectoire de stagnation. La vigilance s’impose ; le temps de l’optimisme de circonstance est passé.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

Autres articles

RESIST – NORMANDIE
Défilement vers le haut