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Histoires pour longues soirées d’hiver : l’affaire dite “des poisons”  et La Voisin, qui fit trembler la Cour royale

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AFFAIRES CRIMINELLES – Avec la Brinvilliers, dont nous vous racontions l’histoire le 2 janvier dernier, Nicolas de la Reynie, lieutenant général de la police de Paris, découvre une tueuse prolifique, amatrice passionnée de l’art du poison. Il ne se doute alors pas que moins trois ans après l’exécution de la meurtrière (1676), il va percer à jour une organisation criminelle qui propose poisons, mais aussi avortements et messes noires à l’échelle industrielle. Cette mafia de l’occulte est d’une importance telle que le roi Louis XIV décidera de créer un tribunal d’exception, une “chambre ardente”, pour juger, rapidement et discrètement, ses membres et ceux qui ont recours à leurs services. Catherine Deshayes, veuve Mauvoisin, surnommée “La Voisin”, sera une des plus célèbres condamnées de la juridiction qui siègera du 16 avril 1679 au 21 juillet 1682.

Tout commence début janvier 1679, lors d’un dîner très arrosé chez la femme d’un tailleur nommé Vigoureux, diseuse de bonne aventure de son état et auquel participe une de ses consœurs, veuve d’un monsieur Bosse.

L’alcool aidant, les langues se délient, et la veuve Bosse se vante de faire profession d’empoisonneuse, une activité fort lucrative selon elle. Ses propos avinés tombent dans l’oreille d’un modeste avocat auprès du Parlement de Paris, un certain Perrin, qui se sent obligé d’en informer la police. Dès le lendemain, un enquêteur se rend chez la bavarde et prétend vouloir se débarrasser de sa femme. Il obtient une fiole de poison moyennant quelques pièces d’or.

La “chambre ardente” de l’Arsenal, tribunal d’exception

Le jour suivant, les femmes Vigoureux et Bosse, ainsi que des membres de leur entourage, sont arrêtés et soumis à la question. Il ressort de ces interrogatoires que de nombreuses diseuses de bonne aventure proposent leurs services comme “faiseuses d’anges ”, autrement dit avorteuses, et comme pourvoyeuses d’élixirs et poisons variés. Les dénonciations en suscitent d’autres et se révèle ainsi toute une organisation criminelle qui propose avortements, messes noires avec, parfois, sacrifices d’enfants, élixirs d’amour et « poudres de succession », autrement dit poison, à la bourgeoisie, mais aussi à de nombreux membres de l’aristocratie. Cette mafia fabrique même de la fausse monnaie !

C’est dans ce contexte que Louis XIV décide de ne pas saisir le Parlement mais de créer une « chambre ardente » à l’Arsenal, c’est-à-dire un tribunal d’exception, présidé par Nicolas de La Reynie, chargé de juger rapidement, discrètement et sans appel, les inculpés. Cette juridiction procèdera à pas moins de 319 arrestations et rendra 104 jugements dont 36 condamnations au bûcher, 34 bannissements ou amendes, 4 condamnations aux galères et 30 acquittements.

Lors des interrogatoires, un nom revient souvent, une certaine « La Voisin », une voyante qui semble jouer un rôle clé dans l’organisation criminelle. 

Une curieuse femme que cette La Voisin, née Catherine Deshayes en 1640 et veuve d’un sieur Mauvoisin : alors qu’elle organise des messes noires avec la complicité de prêtres débauchés et travaille à l’élaboration de poisons de plus en plus sophistiqués, elle mène une vie de fervente chrétienne et c’est d’ailleurs dans l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle qu’elle est arrêtée, le 12 mars 1679. 

Du beau linge dans l’organisation, la Cour s’inquiète

Sous la torture, elle explique avoir commencé sa “carrière” comme diseuse de bonne aventure et avorteuse, avant de se spécialiser dans le poison. L’art de l’empoisonnement se perfectionne sans cesse : on fabrique du savon à l’arsenic dont on imbibe le linge des victimes, on saupoudre des animaux domestiques de produits dont l’inhalation est fatale, on empoisonne la vaisselle, on sait provoquer des morts instantanées ou à plus long terme. La Voisin avoue aussi sous-traiter certains crimes et orienter parfois sa clientèle vers des spécialistes, selon qu’elle souhaite des philtres d’amour, invoquer Satan dans la quête de jeunesse éternelle ou se défaire d’une grossesse non désirée ou d’un mari encombrant.

Mais l’empoisonneuse révèle surtout que ceux qui ont recours aux services de l’organisation qu’elle chapeaute, appartiennent à toutes les classes sociales, que de hauts personnages du Royaume sont compromis. De grands noms sont cités, comme la duchesse d’Angoulême, le duc de Vendôme, la vicomtesse de Polignac, la princesse de Tingry… Cette dernière est même arrêtée et mise à la question, tout comme le maréchal-duc de Luxembourg ou Olympe Mancini, nièce du cardinal Mazarin et comtesse de Soissons.

Plus on se rapproche de la Cour, plus le roi s’inquiète d’être éclaboussé par un scandale, d’autant qu’une psychose monte ! Dès qu’une mort subite ou inexpliquée survient, on soupçonne un empoisonnement, et quand les médecins invoquent une autre cause, leurs explications sont souvent accueillies avec scepticisme. 

Les archives brûlées par Louis XIV

La Voisin est brûlée vive le 22 février 1680, après avoir violemment refusé de faire « amende honorable », c’est-à-dire de demander pardon à Dieu et au roi pour ses crimes, mais non sans avoir mis en cause madame de Montespan, la maîtresse du roi. Cette dernière se serait procuré des philtres d’amour pour garder les faveurs du monarque et aurait participé à des messes noires avec sacrifices d’enfants.

Louis XIV ne peut accepter d’être impliqué dans un tel scandale et il ordonne la fermeture de la chambre ardente. Il fait aussi brûler les archives, et toutes les personnes susceptibles de mettre en cause l’amante royale sont éloignées par bannissement ou mises à l’isolement dans des prisons en province. 

Madame de Montespan quant à elle sera progressivement mise à l’écart et quittera la Cour en 1690 pour se réfugier dans un couvent.

Dès 1682, dans la foulée de la dissolution de la chambre ardente, Louis XIV signe l’édit de juillet, qui réglemente l’accès et l’usage des produits toxiques. Seuls des professionnels peuvent désormais se les procurer et ils doivent s’enregistrer auprès des marchands en donnant leurs noms et en précisant les quantités achetées.

Quand le lieutenant La Reynie décède en 1709, le roi fait saisir des procès-verbaux où madame de Montespan était citée, et que le policier avait encore en sa possession. Le monarque ignore que le lieutenant en avait fait des résumés qui sont conservés aujourd’hui encore à la bibliothèque de l’Arsenal. 





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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