Entre Mulhouse et le Markstein, la 14e étape du Tour de France 2026 promet des paysages grandioses. Sauf que le décor a changé. Depuis avril, une opération d’envergure transforme les versants du Ballon d’Alsace et plus de huit cents arbres ont été abattus. Une décision justifiée par la sécurité des coureurs et du public.
Sur plusieurs kilomètres de versant, la silhouette familière de la montagne alsacienne s’est modifiée. Entre 872 et plus de mille arbres ont été coupés depuis la mi-avril. Les autorités locales parlent de mesures nécessaires, invoquant des impératifs de sécurité pour la Grande Boucle qui passera ici en juillet.
Christian Prudhomme, directeur général du Tour, assume cette ligne de défense, imaginant que des arbres pourraient chuter. La décision d’intervenir sur ce versant remonte à 2023, à un moment où personne ne savait que la Grande Boucle passerait par là en 2026. Pour les organisateurs, l’enjeu est celui d’un public très dense, dans une zone de montagne difficilement accessible aux secours.
Mais cette explication technique ne convainc pas tout le monde. Les associations écologistes régionales ont sonné l’alarme : Alsace Nature, la LPO Alsace, Gepma et Bufo ont publié un communiqué commun. Elles ne contestent pas le principe de sécuriser les routes, mais attaquent la méthode et le calendrier. Les coupes ont été réalisées en pleine période de reproduction pour de nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères. Ces groupes alertent sur les effets possibles dans un milieu qu’ils décrivent comme particulièrement sensible d’un point de vue écologique, d’autant que le secteur concerné est classé Natura 2000.
Abattre autant de végétaux dans une zone protégée soulève des questions juridiques et éthiques. Les riverains expriment leur émotion devant ces versants dénudés, et l’image contraste avec les discours des organisateurs du Tour qui promeuvent un cyclisme plus vert.







