L’idée de capturer l’eau présente dans l’air n’est pas nouvelle. Depuis des décennies, les filets attrape-brume (fog nets) sont utilisés avec succès au Chili, au Maroc ou au Pérou. Ces grands filets verticaux captent les gouttelettes de brouillard dans les zones côtières ou montagneuses, fournissant une eau précieuse aux communautés locales de manière passive et peu coûteuse.
D’autres méthodes existent également : les générateurs d’eau atmosphérique (AWG) par condensation, qui refroidissent l’air pour faire condenser la vapeur d’eau, ou les systèmes à déshydratants (sels ou gels) qui absorbent l’humidité avant de la libérer par chauffage. Ces techniques ont déjà prouvé leur utilité, même si elles sont parfois énergivores ou moins efficaces en milieu très aride.
Aujourd’hui, grâce au professeur Omar Yaghi, lauréat du Prix Nobel de Chimie 2025 pour ses travaux sur les Metal-Organic Frameworks (MOFs), cette approche revient sur le devant de la scène. Son dispositif solaire, de la taille d’un conteneur, utilise ces matériaux ultra-poreux comme des « éponges moléculaires » capables de capter l’humidité même dans l’air désertique à moins de 20 % d’humidité. Il produit jusqu’à 1 000 litres d’eau potable par jour en utilisant uniquement l’énergie solaire, sans réseau électrique.
Cette innovation durable pourrait transformer la vie dans les régions en sécheresse, les zones sinistrées et les communautés isolées. Elle ne remplace pas les solutions existantes, mais les complète en les rendant plus efficaces dans les environnements les plus hostiles. Promouvoir toutes ces techniques semble de nos jours essentiel pour relever le défi de l’accès à l’eau.










