Le 7 juillet 2026, à l’occasion du Farnborough International Airshow, l’américain Radia a confié à l’industriel toulousain Latécoère la conception du système électrique de son WindRunner, futur cargo de 108 mètres de long. L’appareil, pensé pour transporter des éoliennes hors gabarit, n’a encore ni volé ni obtenu sa certification, et son premier vol n’est attendu qu’en 2028 ou 2029.
Media24 raconte que l’annonce est tombée en marge du salon aéronautique britannique, où Radia a retenu Latécoère pour dessiner l’intégralité du câblage du WindRunner. Le contrat couvre l’Electrical Wiring Interconnection System (EWIS), l’ensemble des faisceaux et connexions qui irriguent un avion, sans lequel un appareil de cette taille resterait du métal immobile au sol. Le site y voit une reconnaissance notable pour un groupe centenaire toulousain qui a traversé, ces dernières années, une passe financière difficile avant de redresser la barre. À la tête de Latécoère depuis janvier 2022, Sam Marnick, ancienne vice-présidente de Boeing où elle a dirigé le programme 787 puis les services mondiaux du groupe américain, apporte à l’entreprise française un carnet d’adresses forgé outre-Atlantique.
Un communiqué de Radia, relayé en français par Yahoo Finance, cite Mark Lemke, vice-président développement aéronef et chaîne d’approvisionnement chez l’entreprise américaine, qui qualifie le futur système électrique du WindRunner de « plus vaste système nerveux jamais intégré à un avion ». Le texte ajoute que Latécoère rejoint aussi Stirling Dynamics, chargé des commandes de vol, de l’ingénierie systèmes et de la simulation, ce qui porte à plus de 20 le nombre de partenaires industriels engagés autour du programme. Fondée en 2016 par le spécialiste des fusées Mark Lundstrom, Radia partage son siège entre Boulder, dans le Colorado, et Rome, et revendique pour son cargo hors norme des usages allant de la défense à l’aide humanitaire, en passant par le transport commercial et énergétique.
Air Journal précise que les équipes toulousaines travailleront depuis leur bureau d’études tout en se rendant régulièrement chez Radia, à Boulder, pour suivre les étapes de développement de l’appareil. Le site rappelle que l’EWIS couvre l’ensemble des faisceaux, des connexions et de l’architecture électrique de l’avion, un chantier distinct de la structure ou de la propulsion mais tout aussi déterminant pour faire décoller un appareil de cette envergure. Le contrat vaut aussi symbole : un groupe centenaire longtemps à court de courant financier retrouve du courant, électrique cette fois, dans l’un des paris industriels les plus ambitieux de l’aéronautique mondiale.










