
Pour avoir fui la France avec sa fille Camille de 5 ans et vécu cachée avec elle en Suisse et dans plusieurs pays européens pendant 11 ans, cette ingénieure de l’armement a passé deux ans en prison aux Baumettes à Marseille après son arrestation à Lausanne puis son extradition.
Audition de Priscilla Majani :
Assemblée Nationale / 21 Mai 2026
Commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales commises contre les enfants et la situation des parents protecteurs, notamment des mères protectrices.… pic.twitter.com/CLHKiLiy0c— Alexandre Lebreton (@mk_polis) May 22, 2026
Véritable héroïne pour les protecteurs de l’enfance, soutenue pendant sa détention par des vedettes comme Eva Darlan avec le mot d’ordre « j’aurais fait comme elle », Priscilla a tout perdu, ses amis, sa maison remise à neuf, ses fonctions militaires puisque déclarée « déserteur » sans aucun soutien de sa hiérarchie, mais elle a sauvé sa fille des griffes de l’horreur absolue. Elle aura déménagé avec sa fillette une cinquantaine de fois dans leur folle odyssée.
« En France, forcer son enfant à subir les violences sexuelles est devenu une obligation, le protéger : une infraction », a-t-elle constaté. Elle a dénoncé les « multiples gardes à vue et contrôles judiciaires de tous les membres de (sa) famille, avec obligation de pointage hebdomadaire et retraits de passeport, l’ouverture de tous leurs courriers pendant 10 ans, une perquisition simultanée dans cinq départements, des recherches dans plusieurs pays, douze années d’écoutes téléphoniques, la saisie d’une vingtaine d’ordinateurs et téléphones, la diffusion de la photo de (sa) fille dans tous les commissariats, l’affichage de sa photo sur des panneaux publicitaires géants de 4 mètres sur 3, et 5 000 pages de dossiers soigneusement montés contre (elle) et (sa) famille par des magistrats et policiers sans scrupule ».
« Ma mère de 90 ans et une autre personne de ma famille ont été condamnées à de la prison ferme pour complicité, le jugement a été cassé trois fois en Cassation. En 2023, ma maman a été condamnée à 60 000€ d’amende, moi à 5 ans de prison et en 2023 à 2 ans et 9 mois ferme, contrainte à payer 78 000€ en dommages et intérêts au géniteur. Les moyens ont été considérables, comparés aux trois seuls jours d’enquête sur ma plainte pour viol d’une enfant, sans aucune perquisition ni saisie de téléphones, ordinateurs, ni examen psychologique, ni recherche sur le mis en cause et son entourage. La France refuse de protéger nos enfants, nous oblige à les livrer à leurs bourreaux, et condamne ceux qui les protègent », a-t-elle insisté.
Un article de Jacques Thomet, publié sur ses réseaux sociaux.










