Le taux net d’emploi des diplômés des grandes écoles reculait à 76 % six mois après l’obtention du diplôme, une baisse de 4,2 points par rapport à l’an dernier. Publiée le 11 juin, la 34e enquête de la Conférence des grandes écoles marque un net ralentissement, particulièrement marqué chez les ingénieurs.
Publiée jeudi 11 juin, la 34e enquête Insertion de la Conférence des grandes écoles (CGE) confirme un ralentissement du marché du travail pour les jeunes diplômés. Selon L’Étudiant, les ingénieurs connaissent la baisse du taux d’emploi la plus marquée en 2026, alors que les difficultés d’entrée dans la vie professionnelle se confirment pour l’ensemble des sortants des grandes écoles. La part des diplômés en recherche d’emploi six mois après l’obtention de leur diplôme atteint 20,5 %, un niveau record depuis 2005, tandis que seuls 61,8 % d’entre eux occupaient un poste au moment de l’enquête, menée entre novembre 2025 et mars dernier, soit un recul de 3,5 points sur un an. L’Apec anticipait pourtant une baisse des recrutements de jeunes cadres de 16 % en 2025 et de douze % en 2026. Thomas Jeanjean, vice-président de la commission Formation et carrières de la CGE, relativise ce recul, jugé « bien moins que ce qui est souligné par l’Apec », et y voit la preuve d’un modèle de formation encore résilient.
D’après Diplomeo, le taux net d’emploi tous établissements confondus s’établit à 76 %, contre 80,2 % l’an dernier, une deuxième année consécutive de recul portée par les tensions du marché du travail. Ils étaient 85,8 % à décrocher un poste en 2024, et même 91 % un an plus tôt, avant que le chiffre ne commence à glisser, la promotion 2025 héritant du taux le plus bas depuis la crise sanitaire. Les ingénieurs conservent malgré tout le meilleur taux d’emploi, à 77,5 %, devant les managers, à 74,5 %, et les diplômés d’autres spécialités, à 72,2 %. Le marché du travail se montre plus frileux dans son ensemble, France Travail prévoyant 2,3 millions d’embauches en 2026, soit 6,5 % de moins qu’en 2025 et le niveau le plus faible depuis 2018, mais les sortants des grandes écoles s’en tirent mieux que le reste de leur génération, huit diplômés sur dix décrochant un contrat à durée indéterminée.
Le site Blog Headway détaille les autres indicateurs de l’enquête. Le salaire brut annuel moyen hors primes stagne à 39 679 euros, en hausse de seulement 0,2 % sur un an, tandis que l’écart d’insertion entre hommes et femmes persiste, à 59,8 % contre 63,3 %. Le manque d’expérience professionnelle et le faible nombre d’offres restent les principales difficultés citées par les diplômés en recherche d’emploi, respectivement pour 60,7 % et 60,4 % d’entre eux. Le poids du stage de fin d’études dans l’embauche reste déterminant, Thomas Jeanjean rappelant que « 40 % des emplois sont obtenus dans l’entreprise où le diplômé a fait son stage ». La part des emplois occupés à l’étranger reste stable, au-dessus de onze %, la Suisse demeurant la première destination des diplômés partis travailler hors de France. La présidente de la CGE, Delphine Manceau, invite malgré tout à regarder les trajectoires sur un horizon plus long, le taux d’emploi dépassant 90 % dès que l’on s’éloigne de la sortie immédiate de l’école.










