Le 16 juillet, en pleine saison des feux de forêt, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France a réclamé une adaptation urgente des normes antipollution imposées aux véhicules de secours. Certains camions doivent quitter le front d’un incendie pour un plein d’AdBlue ou une réparation liée à ce système, alors que chaque minute compte pour circonscrire les flammes.
Il paraît que l’Enfer est pavé de bonnes intentions, et cela laisse un peu trop de place aux flammes… Sont visés le système SCR AdBlue, censé réduire les émissions d’oxyde d’azote des moteurs lourds thermiques, ainsi que la norme Euro instaurée par l’Union européenne en 1988 pour les poids lourds. Comme le rapporte l’AFP, ces réglementations rendent les moteurs moins polluants mais aussi plus complexes et plus fragiles. « Il nous faut des moteurs simples, robustes, résistants et résilients », a résumé le lieutenant-colonel Raphaël Thillaye du Boullay.
Sur le terrain, les services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) rencontrent des difficultés croissantes. Une panne, un défaut de détection ou l’absence de liquide AdBlue peut limiter automatiquement la puissance du moteur, voire empêcher son redémarrage. Mardi 14 juillet, la députée de Gironde Pascale Got a interrogé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur ce point par une question écrite. La FNSPF pointe aussi les systèmes de sécurité imposés par le règlement européen GSR (General Safety Regulation), notamment la détection de ligne continue qui empêche de doubler, la détection d’obstacles qui freine ou arrête le véhicule, et la caméra anti-somnolence.
En Gironde, département durement touché par les feux de forêt, le cas est concret. Le 3 juillet, devant la préfète, le directeur du Sdis 33 Marc Vermeulen avait renouvelé sa demande de dérogation aux normes antipollution européennes, rapporte actu.fr. « Les réservoirs AdBlue se vident assez vite », relève Pierre Tonnel, mécanicien du service, qui doit régulièrement sortir des véhicules du chantier pour un plein ou une réparation en pleine intervention. Selon Vermeulen, plusieurs pays européens ont déjà accordé une telle dérogation à leurs véhicules de secours, une option que la France n’a pas encore retenue. En attendant un arbitrage gouvernemental, les pompiers devront continuer à interrompre la lutte contre le feu pour vérifier le niveau d’AdBlue.










