À peine arrivée sur Parcoursup, la licence de professorat des écoles s’impose comme l’une des formations les plus demandées de France. Derrière ce succès, l’Éducation nationale veut voir un remède à la crise des vocations, mais l’école ne se reconstruit pas seulement avec des vœux cochés sur une plateforme.
Ces dernières années, le professorat, c’était surtout trop de copies, trop de pression, trop peu de reconnaissance. Pourtant, Le Figaro rapporte que la nouvelle licence de professorat des écoles, ouverte pour la rentrée 2026, a enregistré 87 802 vœux confirmés sur Parcoursup. Pour une formation qui débute, c’est un carton plein.
Cette licence en trois ans prépare au concours de recrutement de professeur des écoles, désormais placé en fin de licence. Le ministère de l’Éducation nationale avait annoncé cette nouveauté dès l’ouverture de l’offre Parcoursup 2026. Il s’agit de rapprocher plus tôt les étudiants du métier, de leur donner une formation universitaire pluridisciplinaire et de leur permettre d’entrer dans le parcours enseignant sans attendre bac +5 pour passer le concours. Pour ce qui est du programme, on veut coller à la réalité du primaire : français, mathématiques, histoire, sciences, pédagogie, gestion de classe, inclusion, stages. L’Inspé Toulouse Occitanie-Pyrénées précise que la formation repose sur 1 570 heures en trois ans et prévoit au moins dix semaines de stage. Bref, la formation prépare aussi au terrain, au brouhaha et aux silences.
Après la licence et la réussite au concours, les étudiants doivent poursuivre en master Enseignement et Éducation. Dans certaines plaquettes universitaires, les lauréats sont présentés comme élèves fonctionnaires en première année, puis fonctionnaires stagiaires en deuxième année, avec une rémunération à la clé.
La LPE arrive à la huitième place des licences les plus demandées sur Parcoursup. Elle dépasse même des filières historiquement fréquentées par de futurs enseignants, comme l’histoire ou les sciences de l’éducation. L’Inspé de Nantes, sur le site de La Roche-sur-Yon, affiche l’indice d’attractivité le plus élevé, avec 90,2 vœux confirmés par place disponible. Toulouse suit de très près avec 88,2.
Reste qu’un vœu Parcoursup n’est pas une vocation durable. Beaucoup de jeunes candidats peuvent être attirés par la sécurité de l’emploi, par l’utilité sociale du métier, ou par l’idée d’un parcours plus lisible. C’est déjà beaucoup, mais pour garder ces futurs professeurs, il faudra autre chose qu’une belle architecture de formation… Il faudra des salaires, des conditions de travail et une reconnaissance qui ne sonne pas creux. Si l’on parvient à remplir l’amphi, qui restera jusqu’à la sonnerie ?










