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Revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 : un coup de pouce au pouvoir d’achat, mais un fardeau supplémentaire pour des entreprises déjà fragiles ?

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Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) a été revalorisé de 2,41 % ce lundi 1ᵉʳ juin 2026. Le taux horaire brut passe de 12,02 € à 12,31 €, portant le SMIC mensuel brut (sur la base de 35 heures) de 1 823,03 € à 1 867,02 €. Les salariés concernés perçoivent un gain net estimé à 34,82 € par mois. 

Cette augmentation automatique résulte du franchissement du seuil d’inflation de 2 % relevé par l’Insee en avril, principalement imputable à la forte hausse des prix de l’énergie. Un mécanisme légal qui vise à préserver le pouvoir d’achat des travailleurs les plus modestes.

Cette mesure présente toutefois un revers pour les employeurs. Le gouvernement a confirmé le gel des allègements de charges patronales pourtant initialement prévus pour compenser cette hausse. Concrètement, pour le calcul des réductions générales de cotisations, les entreprises continueront à retenir le Smic en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026 (12,02 €) et non le nouveau montant. Une entreprise employant dix salariés au Smic devra ainsi supporter un surcoût annuel de plus de 5 000 €.

Les secteurs les plus exposés – hôtellerie-restauration, aide à domicile et grande distribution – sont en première ligne. Thierry Marx, président confédéral de l’UMIH, a écrit au Premier ministre pour lui demander de « reconsidérer cette décision » et d’engager « sans délai une concertation » avec les représentants des entreprises les plus touchées.

Cette revalorisation intervient dans un contexte particulièrement tendu pour les TPE-PME. Selon le cabinet Altares, la France a frôlé les 70 000 défaillances d’entreprises en 2025, un record historique ; au premier trimestre 2026, près de 19 000 procédures collectives ont été ouvertes (+6,4 % sur un an), portant le total sur douze mois glissants à plus de 71 000.  La Banque de France confirme cette accélération, avec 69 392 défaillances cumulées fin février. Les micro-entreprises (moins de 3 salariés) concentrent 75 % des cas, tandis que les PME de 20 à 99 salariés voient leurs défaillances progresser de 12,1 %, menaçant plus de 75 000 emplois rien qu’au premier trimestre.

Si cette hausse mécanique protège le pouvoir d’achat des salariés, et c’est tant mieux, elle alourdit les charges des employeurs sans compensation au moment où de nombreuses petites entreprises sont déjà en grande difficulté. Une discussion élargie entre partenaires sociaux et pouvoirs publics semble nécessaire pour éviter que la mécanique du Smic ne pèse excessivement sur les acteurs économiques de proximité. 





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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