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TF1 savait pour Patrick Bruel et envoyait des journalistes hommes « par principe de précaution »

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Donc TF1 envoyait des hommes « par précaution », mais tout allait bien ?

Dans le dossier Patrick Bruel, un élément mérite d’être regardé en face : ce que savaient les médias, et plus précisément ce que savait TF1. Pas dans le vague. Pas sous forme de rumeurs impossibles à vérifier. Mais à travers des décisions concrètes prises avant certaines interviews du chanteur.

Dans la vidéo ci-dessous, Marine Turchi, journaliste au pôle enquête de Mediapart, raconte la difficulté à faire sortir les témoignages. Sa première phrase donne le ton :

« J’ai mis plus de sept ans à faire aboutir ma première enquête publiée au mois de mars. »

Elle parle aussi d’une « chape de plomb » dans l’industrie musicale, un milieu où les prises de parole sur les violences sexuelles ont été plus rares que dans le cinéma.

Le passage le plus lourd concerne TF1. Selon Mediapart, plusieurs journalistes affirment que le comportement de Patrick Bruel avec les femmes était connu dans certaines rédactions. Le média indique aussi que des dispositions particulières avaient été prises pour des interviews prévues avec lui. TF1 reconnaît avoir agi « par principe de précaution ».

Autrement dit : TF1 savait assez pour modifier son organisation.

TF1 et Patrick Bruel : des journalistes hommes envoyés « par principe de précaution »

Le passage le plus important concerne l’émission 50’ Inside, diffusée sur TF1. Marine Turchi affirme que certaines rédactions ont pris des « dispositions spéciales » pour les interviews prévues avec Patrick Bruel. Elle cite TF1. Elle ajoute que le groupe a reconnu auprès de Mediapart avoir envoyé des journalistes hommes pour ces entretiens.

La formule utilisée par TF1 tient en quelques mots : « par principe de précaution ». Ce n’est pas un détail.

Une chaîne comme TF1 ne modifie pas son organisation pour rien. Si elle évite d’envoyer des femmes, c’est qu’elle estime la situation assez sensible. Cela ne remplace pas une décision de justice. Patrick Bruel reste présumé innocent et conteste les accusations. Mais cette précaution montre une chose : des alertes circulaient déjà.

Le vrai problème se trouve là.

Des rédactions semblaient assez informées pour se protéger. Pourtant, elles ont continué à recevoir Patrick Bruel dans leurs émissions. Elles ont continué à l’interviewer. Elles ont continué à lui offrir une exposition médiatique massive.

Des femmes prévenues en coulisses

Selon Marine Turchi, Mediapart a recueilli une vingtaine de récits autour de ces concerts. Ces témoignages décrivent des consignes données aux femmes. En particulier à de jeunes bénévoles. On leur disait de se tenir à distance du chanteur. On leur conseillait aussi de ne pas se retrouver seules avec lui dans les loges.

Là encore, le mécanisme paraît clair.

On prévient en privé. On protège au cas par cas. On évite certaines situations. Mais l’artiste continue d’occuper la scène, les plateaux et les grands rendez-vous télévisés.

Ce fonctionnement pose un problème évident. Si des femmes devaient recevoir des consignes, pourquoi le milieu n’a-t-il pas agi plus tôt ? Pourquoi garder ces alertes entre initiés ? Pourquoi laisser le public dans l’ignorance ?

Plus de trente témoignages et toujours le même silence

Les enquêtes publiées par Mediapart ont recueilli de nombreux témoignages visant Patrick Bruel. Marine Turchi explique que les récits arrivent « par dizaines » au média. Elle souligne aussi leur forte similarité.

Mais ce dossier ne concerne pas seulement ce que la justice pourra établir. Il concerne aussi les réactions du monde médiatique.

Quand des rédactions prennent des précautions, elles admettent qu’un signal existe. Quand des femmes reçoivent des consignes, le risque ne reste pas théorique. Quand TF1 envoie des hommes pour interviewer un artiste, la chaîne prend une décision concrète.

Alors une question simple se pose : qui savait quoi, et depuis quand ?





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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