
Trump, le pétrole et l’art de la diversion
Quelques heures plus tôt, Donald Trump avait lui-même diffusé cette même carte, y ajoutant un commentaire sans équivoque : le Venezuela, avec ses 40 000 milliards de dollars de réserves pétrolières, mériterait selon lui une place dans l’Union. Le lendemain, face à John Roberts sur Fox News, le président américain a confirmé « réfléchir sérieusement » à cette annexion. La Maison Blanche, sans un mot, a relayé l’image, scellant ainsi l’alliance entre le troll et la diplomatie.
— The White House (@WhiteHouse) May 12, 2026
Un contexte lourd : l’intervention de janvier 2026
Cette sortie s’inscrit dans la continuité de l’opération militaire du 3 janvier 2026, lorsque les forces américaines ont kidnappé Nicolás Maduro et son épouse. Depuis, Delcy Rodríguez assure l’intérim, tandis que Washington exerce un contrôle de facto sur certaines institutions vénézuéliennes. L’idée d’une annexion, évoquée dès mars 2026, revient comme un leitmotiv, notamment après la victoire de l’équipe de baseball vénézuélienne (World Baseball Classic 2026, où elle a battu les États-Unis en finale)– un prétexte aussi inattendu qu’illustratif du style trumpien.
Caracas résiste, Washington persiste
Delcy Rodríguez a balayé la proposition d’un revers de main : « Le Venezuela n’est pas une colonie, mais un pays libre et souverain. » María Corina Machado, figure de l’opposition, a éludé le sujet lors d’un passage sur CNN, préférant se concentrer sur la transition politique. Dans la rue comme parmi la diaspora, les réactions oscillent entre indignation et résignation intéressée.
Un projet irréaliste… ou un coup de poker ?
Sur le papier, transformer le Venezuela en 51e État exigerait un vote du Congrès, un référendum vénézuélien et une révision constitutionnelle. Aucun texte n’a été déposé à ce jour. Il faut y voir donc moins un projet sérieux qu’une manœuvre cynique : peser sur les négociations pétrolières et rappeler à la Chine et à la Russie que l’Amérique latine reste un terrain de jeu américain.
L’écho international : entre silence gêné et condamnations timides
Les médias mondiaux s’interrogent : expansionnisme décomplexé ou simple coup de communication ? Gustavo Petro, président colombien, a rappelé que le sort du Venezuela ne se déciderait pas sans son peuple. Quant aux chancelleries, elles observent, prudentes, cette nouvelle pirouette de la diplomatie trumpienne.
Épilogue (provisoire)
Oui, la carte est bien réelle. Oui, Trump y croit (ou fait semblant). Non, ce n’est pas (encore) une loi. Mais dans l’ère du « tout est possible », même l’impensable mérite d’être affiché en 280 caractères.










