Un ancien vice-président chargé de l’instruction au pôle financier du tribunal judiciaire de Marseille, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un scandale qui jette une lumière bien crue sur l’impunité perçue de certains magistrats.
Entre 2023 et 2025, ce juge d’instruction est accusé d’avoir fraudé les péages autoroutiers à près de 200 reprises, principalement au tunnel Prado Carénage à Marseille et sur le réseau Vinci. Sa méthode ? Le « petit train » (coller le véhicule précédent), l’utilisation de fausses plaques d’immatriculation et de fausses déclarations d’usurpation pour contester les PV. Préjudice estimé : environ 16 000 euros, précise LeParisien. En juin 2025, il a été condamné par le tribunal de Nîmes à 14 mois de prison avec sursis, annulation du permis et confiscation du montant détourné.
Le 17 mai 2026, lors de son audience disciplinaire devant le Conseil supérieur de la magistrature, le ministère de la Justice a finalement requis sa révocation pure et simple.
Face aux faits accablants qu’il a pourtant reconnus, l’ancien magistrat n’a pas invoqué une simple erreur, mais un « traumatisme » lié à l’attentat de Nice du 14 juillet 2016. Présent ce soir-là en tant que substitut du procureur avec son épouse, il affirme avoir été profondément marqué par les scènes d’horreur. Selon lui, ce choc expliquerait sa « descente progressive » et ces fraudes répétées sur plusieurs années.
Invoquer le drame de Nice, où 86 personnes ont été assassinées et des centaines d’autres blessées, pour justifier des années de petites escroqueries organisées semble plutôt indécent. La souffrance instrumentalisée ne faisant pas bon ménage avec la malhonnêteté d’un magistrat.
La fonction lui a-t-elle donné le sentiment d’être au-dessus des lois lui qui était précisément chargé de les faire respecter ?
La justice est décidément de plus en plus fragilisée.










