Mardi, les États membres de l’Union européenne ont largement soutenu une recommandation visant à interdire cigarettes et autres produits fumants dans des espaces extérieurs stratégiques : terrasses de cafés, arrêts de bus, abords des écoles. Une initiative applaudie, sauf par l’Allemagne et la Grèce, qui temporisent.
24 % des Européens fument, et l’UE vise une génération sans tabac d’ici à 2040. L’ambition est noble, mais les divergences fleurissent. Comme le rapporte l’AFP, le Parlement européen a lui-même rejeté une résolution similaire, piégé par une opposition où la liberté individuelle croise des querelles partisanes. L’eurodéputé français Laurent Castillo, médecin, insiste pourtant : « Il est essentiel de créer des environnements sans tabac autour des écoles et des centres de soins. » Une urgence, rappelle l’OMS, qui attribue au tabac 8 millions de décès annuels, dont 1,3 million liés au tabagisme passif. Mais entre les fumeurs accrochés à leur liberté et des États jaloux de leurs compétences, l’horizon s’assombrit.
Pour les défenseurs des restrictions, interdire ces zones est une question de santé publique, surtout face à l’essor des cigarettes électroniques chez les jeunes. « Les produits émergents génèrent des addictions et dégradent la santé des générations futures », martèle la ministre française Geneviève Darrieussecq. Pourtant, la Commission européenne admet que les États garderont la main sur leur mise en œuvre.










