
Ces révélations surviennent trois semaines après l’enquête de Mediapart (mars 2026), qui avait déjà rassemblé huit témoignages de femmes dénonçant des faits survenus entre 1992 et 2019. L’une d’elles était mineure (15 ans en 1992). Au moins deux plaintes avaient alors été déposées : celle de Daniela Elstner pour agression sexuelle et tentative de viol au Festival du film français d’Acapulco en 1997, et une autre pour viol à Dinard en 2012 (enquête préliminaire ouverte à Saint-Malo). Une procédure antérieure de 2019, impliquant cinq masseuses dans des établissements de luxe, avait été classée sans suite. On commence à compter les dossiers comme on comptait les tubes.
Les nouvelles héroïnes d’un feuilleton qui s’éternise
Parmi les quatre plaignantes, Ophélie Fajfer témoigne à visage découvert. En janvier 2015, à 19 ans, elle était figurante sur le tournage d’un clip des Enfoirés à Montpellier. Après échanges sur Facebook, elle est invitée dans la propriété vauclusienne du chanteur. Selon son récit, l’artiste l’aurait embrassée de force, lui aspirant la langue alors qu’elle le repoussait. Il l’aurait ensuite « pénétrée avec un doigt » et lui aurait « aspiré sa poitrine très fort ». « Pour éviter le pire, et afin de me protéger, j’ai dû le masturber pour qu’il se calme », relate-t-elle. Sa plainte pour viol et agression sexuelle déposée en 2021 avait été classée sans suite après une confrontation en 2022 ; elle serait aujourd’hui en cours de transmission au parquet de Saint-Malo. La justice a le temps, les victimes aussi.
Les trois autres femmes ont requis l’anonymat. Deux d’entre elles, employées du label qui gérait la carrière de l’artiste au début des années 2000, décrivent des agressions dans sa loge ou sa chambre d’hôtel. La quatrième, qui a déposé plainte à Paris, raconte avoir été invitée dans une chambre d’hôtel puis jetée au sol avant une tentative d’agression. Les faits allégués s’étendent de 2000 à 2015. Toujours le même scénario, seuls les rôles changent.
La réponse attendue d’un homme présumé innocent
Par la voix de son avocat Me Christophe Ingrain, Patrick Bruel-Benguigui a toujours opposé la même fin de non-recevoir : relations consenties, absence de refus outrepassé, ni contrainte ni violence. La présomption d’innocence lui profite, comme à tout justiciable. Aucune réaction spécifique aux dernières révélations n’a été communiquée pour l’instant. Le silence, souvent, est une stratégie.
Désormais douze femmes se sont exprimées. L’affaire macère dans le milieu du spectacle français, sans pour autant ternir durablement une carrière bien blindée. Les enquêtes suivent leur cours. On attend la suite…










