
Le magistrat a justifié sa décision par le principe d’accès public aux archives judiciaires, arguant que cette divulgation « favorise une forme de responsabilité » et « renforce la confiance dans l’administration de la justice ». Le parquet, lui, n’a pas opposée de résistance, invoquant un « intérêt public évident » autour des circonstances troubles de la mort d’Epstein.
Un message d’adieu… ou de défi ?
Rédigée à la va-vite sur une page arrachée d’un bloc-notes jaune, la note ne porte ni signature ni date. Son contenu, aussi brut que sarcastique, se lit comme un pied de nez :
« They investigated me for month — FOUND NOTHING!!! So 15 year old charges resulted. It is a treat to be able to choose one’s time to say goodbye. Watcha want me to do — Bust out cryin!! NO FUN — NOT WORTH IT!! »
Traduction : « Ils m’ont enquêté pendant des mois – N’ONT RIEN TROUVÉ !!! Résultat : des accusations vieilles de 15 ans. C’est un plaisir de pouvoir choisir son moment pour dire au revoir. Qu’est-ce que tu veux que je fasse – que j’éclate en sanglots !! PAS DRÔLE – NE VAUT PAS LA PEINE !! »
Les mots « NO FUN » sont soulignés, comme pour mieux railler l’absurdité de la situation.
📂 LA LETTRE QUI RELANCE TOUT — L’ultime message d’Epstein sort de l’ombre, six ans après sa mort.
Six ans de silence judiciaire. Des millions de pages de documents déclassifiés. Des promesses politiques, des scandales à répétition, des noms qui tombent comme des dominos. Et… pic.twitter.com/mQan0kQQem
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) May 7, 2026
Une authenticité toujours en suspens
Le New York Times précise n’avoir pas expertisé l’écriture, et le juge Karas s’est abstenu de se prononcer sur son authenticité. La note a simplement été versée au dossier comme pièce judiciaire, sans autre forme de procès.
Une découverte macabre et fortuite
Selon Nicholas Tartaglione, ancien policier et codétenu d’Epstein au Metropolitan Correctional Center, ce message aurait été glissé dans une bande dessinée qu’il lisait. Tartaglione affirme l’avoir découverte le 23 juillet 2019, quelques heures après qu’Epstein eut été retrouvé inconscient dans leur cellule commune, une bande de drap autour du cou – un épisode officiellement qualifié de tentative de suicide. Les deux hommes partageaient alors la même cellule depuis deux semaines. Tartaglione, incarcéré pour un quadruple meurtre sans lien avec Epstein, a transmis la note à ses avocats peu après. Elle a ensuite été intégrée à son propre dossier, avant d’être scellée lors d’un litige sur sa représentation légale. Condamné en 2023 à quatre peines de prison à perpétuité consécutives (un verdict qu’il conteste en appel), il a révélé l’existence de ce document pour la première fois en 2025, lors d’un podcast.
Un document qui ne change rien… officiellement
Cette note n’apparaît dans aucun rapport du ministère de la Justice sur la mort d’Epstein, ni dans les récentes fuites liées à l’affaire. Le département a d’ailleurs admis ne l’avoir découverte que récemment. Pourtant, la thèse du suicide, retenue par le médecin légiste de New York pour expliquer sa mort survenue le 10 août 2019, reste inchangée.
Le juge Karas a par ailleurs accordé une semaine aux parties pour proposer des caviardages sur d’autres documents demandés par le New York Times. Une nouvelle étape dans une affaire où les zones d’ombre l’emportent toujours sur les certitudes.










