Le projet devait symboliser le retour de la France dans la grande bataille du solaire, mais Carbon a annoncé le 19 mai l’abandon de sa giga-usine photovoltaïque de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Le site devait créer plus de 3 000 emplois directs et produire jusqu’à 5 GW de panneaux solaires par an. L’investissement annoncé atteignait 1,5 milliard d’euros.
Sur le papier, c’était brillant, mais on se brûle les ailes à vouloir voler trop près du soleil… Carbon voulait fabriquer en France des plaquettes de silicium, des cellules photovoltaïques et des modules. Autrement dit, remonter une chaîne de valeur largement partie en Asie. Mais comme le rapporte TF1, l’entreprise dit avoir manqué de visibilité sur l’émergence d’un véritable marché européen du solaire souverain. Elle estime qu’il faudra attendre au moins un an, sans garantie réglementaire suffisante.
L’industrie chinoise domine massivement la production mondiale de panneaux solaires, notamment grâce à des coûts très bas et à une avance industrielle construite depuis les années 2010. Une analyse publiée en 2025 dans Futuribles montre bien que l’Europe tente de reconstituer une filière photovoltaïque, mais que les aides publiques seules ne suffiront probablement pas à combler l’écart de compétitivité avec la Chine.
Le cas Meyer Burger donne la mesure du danger. En septembre 2025, le fabricant suisse, longtemps présenté comme l’un des espoirs européens du solaire, estimait ne plus avoir « aucune chance réaliste » de sauver l’entreprise. Il invoquait notamment les importations chinoises à très bas prix et l’incertitude sur les politiques de soutien aux renouvelables.
La France n’abandonne pas pour autant toute ambition. L’autre grand projet, HoloSolis, reste annoncé à Sarreguemines-Hambach, en Moselle. L’entreprise prévoit une capacité de 5 GW, une production de plus de 10 millions de panneaux par an et environ 1 900 emplois à terme. La construction des bâtiments doit démarrer en 2026, avec de premiers modules attendus en 2027. HoloSolis a aussi annoncé plus de 220 millions d’euros de financements publics et privés pour lancer son usine. Reste à savoir si les dés sont vraiment pipés…










