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Jean Messiha accusé d’avoir encaissé la cagnotte destinée aux veuves des agents pénitentiaires tués d’Incarville

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Jean Messiha adore expliquer qui sont les bons Français et les mauvais Français.

Jean Messiha aime se présenter en grand défenseur des Français, toujours prêt à distribuer des leçons de morale sur les plateaux télé. Cette fois, l’image du patriote impeccable prend un sérieux coup.

Selon Le Parisien, Sandrine Le Hay Moello, veuve de Fabrice Moello, agent pénitentiaire tué lors de l’attaque du fourgon à Incarville, a déposé plainte contre lui pour abus de confiance. Elle l’accuse d’avoir détourné 42 000 euros issus d’une cagnotte ouverte après la mort de son mari.

Crédit : capture d’écran GoFundMe de la cagnotte “#CagnottePourNosHeros”, initiée par Jean Messiha pour les proches des agents pénitentiaires tués à Incarville.

L’affaire vise donc une collecte censée aider les familles de deux agents pénitentiaires tués dans l’exercice de leurs fonctions. Pas exactement un détail administratif.

Le drame d’Incarville : deux agents tués lors de l’évasion de Mohamed Amra

Le 14 mai 2024, au péage d’Incarville, dans l’Eure, un commando armé attaque un fourgon pénitentiaire. Le convoi transporte Mohamed Amra, surnommé “La Mouche”, entre Rouen et Évreux. L’opération est d’une violence extrême. Fabrice Moello et Arnaud Garcia, deux agents de l’administration pénitentiaire, sont tués. Trois autres surveillants sont grièvement blessés.

Après cette attaque, l’émotion est immense. Les familles des victimes deviennent le symbole d’un drame national. C’est dans ce contexte que Jean Messiha lance une cagnotte en ligne.

Une cagnotte ouverte au nom des familles des victimes

Jean Messiha lance alors une collecte GoFundMe pour soutenir les proches des agents tués. La cagnotte est présentée comme un geste de solidarité envers les familles endeuillées. Le texte de l’appel promet que les dons seront reversés aux proches des victimes. L’intention affichée est claire : aider les veuves et les enfants après la mort de deux hommes tombés en service.

Crédit : capture d’écran publiée sur X par Jean Messiha (@JeanMessiha), le 14 mai 2024.

Sur le papier, tout est propre. De grands mots, des hommages, des “héros”, de la République, du sacrifice. Bref, tout l’attirail habituel du discours solennel. Sauf qu’aujourd’hui, selon la plainte déposée, les familles n’ont rien reçu.

Les familles affirment n’avoir touché aucun centime

D’après les éléments rapportés, aucun versement n’a été effectué aux proches de Fabrice Moello et d’Arnaud Garcia. La veuve de Fabrice Moello reproche à Jean Messiha d’avoir conservé l’argent destiné aux familles.

Face aux demandes d’explication, Jean Messiha a d’abord affirmé que seules les bénéficiaires pouvaient techniquement récupérer les fonds. Une défense pratique. Sauf que la plateforme GoFundMe a donné une autre version.

Selon les informations disponibles, GoFundMe a indiqué que le créateur de la cagnotte pouvait retirer l’argent. La plateforme a aussi identifié plusieurs virements effectués vers des comptes bancaires liés à Jean Messiha entre mai 2024 et juin 2025. Le montant total dépasserait les 40 000 euros.

Autrement dit, l’argent donné par des citoyens pour aider des familles endeuillées a pris une direction assez différente de celle annoncée au départ. Pour quelqu’un qui aime parler d’ordre, de respect et de probité, le trajet bancaire mérite au moins quelques explications solides.

Jean Messiha conteste et accuse GoFundMe

Jean Messiha nie toute volonté de détourner les fonds. Il affirme que GoFundMe aurait commis une erreur en confondant le créateur de la cagnotte avec les bénéficiaires finaux. Une “erreur” qui durerait depuis 2024, soit près de deux ans : pour une simple confusion technique, elle aura pris son temps.

Il annonce vouloir porter plainte contre la plateforme et promet de restituer l’argent.

La justice devra établir ce qui s’est réellement passé. En attendant, l’argument ressemble à une drôle de scène : l’argent arrive sur les comptes de Jean Messiha, mais ce serait la faute de la plateforme. On a connu des “grands défenseurs des Français” plus pressés de défendre les veuves que de découvrir tardivement le problème.

Le grand donneur de leçons rattrapé par une affaire embarrassante

Jean Messiha, proche d’Éric Zemmour et figure de l’extrême droite sionniste, passe beaucoup de temps à expliquer qui serait respectable et qui ne le serait pas. Il critique régulièrement les jeunes de banlieue, les “racailles”, et tous ceux qu’il désigne comme des menaces pour la France.

Le voilà désormais visé par une plainte autour d’une cagnotte destinée aux veuves d’agents pénitentiaires tués en service.

Bien sûr, la présomption d’innocence s’applique. Mais politiquement, l’image est désastreuse. Quand on se vend comme protecteur des Français honnêtes, être accusé d’avoir retenu l’argent destiné à des familles brisées par un drame national, c’est plus qu’un simple problème de communication.

Une question simple : où est passé l’argent des donateurs ?

Plus de 2 000 personnes auraient participé à cette cagnotte. Elles pensaient aider les familles de Fabrice Moello et d’Arnaud Garcia. Elles découvrent maintenant une plainte, des virements contestés et une promesse de remboursement arrivée après la mise en cause.

Au fond, la question est très simple : où est passé l’argent ?

Pas besoin de grands discours sur la nation, la sécurité ou la morale publique. Les donateurs ont donné pour des veuves. Les familles disent n’avoir rien reçu. GoFundMe a identifié des virements vers Jean Messiha. La justice devra trancher.

Jean Messiha aime pointer du doigt ceux qu’il accuse de nuire aux Français. Il aime parler d’honneur, de respect, de mérite et de responsabilité. Mais dans cette affaire, c’est lui qui doit désormais s’expliquer.

Pour un homme qui s’érige en rempart contre les “racailles”, être accusé dans une affaire d’argent destiné à des veuves de surveillants pénitentiaires, c’est une ironie assez brutale.



Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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