Dans la nuit du 23 au 24 juillet 2026, le mégafeu de Gironde a ravagé une partie de la commune du Porge, près de 200 maisons ont été réduites en cendres, selon le recensement de la mairie, et plus de 7 000 hectares de forêt ont brûlé dans le secteur. Depuis, un collectif d’habitants, déjà fort de plus de 500 membres, s’est constitué pour engager des actions judiciaires. L’avocat bordelais Me Sylvain Galinat a été chargé du dossier. Il a déclaré à France-Info qu’il y aurait « sûrement un dépôt de plainte pénale » ainsi que des actions sur les plans administratif et civil.
Ces sinistrés affirment s’être sentis abandonnés. Delphine, dont le logement a brûlé sur la route des Lacs, ne mâche pas ses mots : « Le Porge a été sacrifié sur l’autel de la presqu’île [du Cap-Ferret] ». Benjamin, rencontré alors qu’il tentait d’éteindre des fumerolles, raconte : « Avant-hier, on était sur un départ de feu, on essayait de l’éteindre pendant une heure et demie. Or il n’y a pas eu un seul camion de pompiers. Finalement, hier, ils ont dû envoyer les Canadair. » Matthieu Plessis, qui a perdu sa maison, affirme avoir vu « les convois de pompiers partir vers le Cap-Ferret » et ajoute : là-bas « Il y a des personnes qui sont très connues, ceux qui n’habitent pas forcément là à l’année, qui sont seulement là en vacances dans leur villa de luxe. Nous, on est des simples paysans. Ce n’est pas normal. »
L’ancien maire Alain Deyres a livré un constat amer : « Cette commune, c’est le peuple, la France d’en bas. Je crois qu’elle a été un peu sacrifiée par rapport à d’autres qui s’appellent Lacanau, Lège-Cap-Ferret. » Jean-Luc Lesueur, gestionnaire de la forêt communale et ancien pompier volontaire, raconte : « Quand le mur de feu est venu sur l’avenue du bassin d’Arcachon, on n’avait aucun moyen des pompiers, il n’y avait que le fourgon et l’unité du Porge ». Nathalie Augonnet, habitante et adjointe au maire, a déclaré sur France 2 : « On s’est un peu retrouvés seuls parce qu’on a eu l’impression que Le Ferret avait une espèce de priorité et que nous, on n’existait plus ».
Pierre-Alex Jeandel, qui a dénoncé des anomalies dans les ordres donnés aux pompiers sur la commune, a initié le mouvement de cette plainte collective avec plusieurs témoins. Ludivine Daurignac résume l’objectif du collectif : « obtenir des réponses concrètes, faire toute la lumière sur les événements et obtenir la réparation des préjudices subis ».
Côté autorités, la préfecture et les sapeurs-pompiers de Gironde se concentrent pour l’heure sur l’opérationnel et rappellent qu’aucun décès civil n’a été déploré. La préfète a rencontré le maire, les élus et des bénévoles de la défense des forêts, qui ont évoqué « de manière très directe » les choix stratégiques. Un retour d’expérience viendra plus tard. Le maire Martial Zaninetti refuse quant à lui « de polémiquer sur ces questions ».










