
Un mensonge théologique aux relents polémiques
Le Coran, lui, est sans ambiguïté : la sourate Al-Ma’ida (5:90-91) condamne sans appel les substances enivrantes, les qualifiant d’« abomination de l’œuvre de Satan ». Aucune exception n’est tolérée, ni pour la consommation, ni pour le commerce, encore moins en fonction de la religion de l’acheteur. Les fatwas les plus autorisées, de islamqa.info aux grands oulémas sunnites, le rappellent avec constance : la vente de stupéfiants est haram, un péché majeur, quel que soit le destinataire. Aucune sourate, aucun hadith authentique ne vient étayer les divagations de Richard Haddad. Une invention de plus, donc, dans l’arsenal rhétorique de ceux qui cherchent à diaboliser l’islam.
📺🇫🇷Séquence totalement hallucinante sur CNEWS où l’historien Richard Haddad déclare que « dans le Coran, il est écrit qu’un musulman peut vendre de la drogue aux mécréants ».
Je ne suis pas musulman, mais en deux vérifications, on trouve vite que c’est un énorme fake. pic.twitter.com/5WRcn6NBmc
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) May 3, 2026
L’expert autoproclamé et ses silences gênants
Étonnant, pour un prétendu spécialiste du Moyen-Orient, de brandir une telle affirmation sans la moindre référence textuelle ? Pas forcément, quand on connaît Richard Haddad, historique des Phalanges libanaises et commentateur attitré de CNews, qui préfère très souvent le sensationnalisme à la rigueur. Ses interventions, systématiquement alignées sur une vision manichéenne de l’islam, en disent long sur ses intentions : alimenter la peur, entretenir les stéréotypes, et justifier, in fine, un discours pro-israélien sans nuance.
Un parcours idéologique plus qu’académique
Issu de la communauté maronite libanaise, Richard Haddad n’a de cesse de défendre les causes chrétiennes d’Orient… tout en adoptant des positions résolument pro-israéliennes. Ses ouvrages (Les Phalanges Libanaises, Liban, deux peuples ne font pas une nation) et ses prises de parole médiatisées révèlent une obsession : le Hezbollah, l’Iran, et la « menace islamiste ». Ses analyses, souvent relayées par Boulevard Voltaire ou CNews, légitiment sans complexe les opérations militaires israéliennes, comme si la sécurité d’Israël justifiait toutes les approximations.
Son livre sur l’Histoire des Juifs trahit par ailleurs une fascination pour le judaïsme, mais son engagement n’est pas religieux : il est idéologique. Richard Haddad incarne cette droite médiatique qui, sous couvert de défendre les minorités, diabolise l’islam et blanchit les excès israéliens.
Désinformation : mode d’emploi
La déclaration de Richard Haddad sur le Coran n’est pas une erreur, mais un choix. Celui de la désinformation, du raccourci polémique, du climat de suspicion généralisée. Car les faits, eux, sont têtus : rien, absolument rien, dans le Coran ou la tradition islamique, n’autorise le trafic de drogue. Pas même aux « mécréants ».










