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Des robots policiers font leur apparition en Chine

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Dans plusieurs villes chinoises, des robots agents de circulation et des véhicules de patrouille autonomes commencent à prendre place dans l’espace public. Pékin les présente comme des assistants techniques, mais derrière leurs bras mécaniques et leurs caméras embarquées se dessine une police toujours plus connectée.

À Changsha, capitale du Hunan, un robot de gestion du trafic est entré en service le 1er avril au carrefour de Simenkou. Le gouvernement provincial explique qu’il peut guider la circulation, diffuser des messages de sécurité et fournir une assistance intelligente en temps réel. Dans le même quartier, un véhicule de patrouille sans conducteur a été testé autour de Wuyi Square. Le texte officiel le décrit comme un « mobile surveillance system », capable de diffuser des messages à distance et d’enregistrer automatiquement des preuves d’infractions routières.

Comme le rapporte The Epoch Times, des robots similaires auraient été déployés ou testés à Wuhu, Nanjing, Shenzhen, Jingzhou et dans d’autres villes. Ils utilisent des caméras haute définition, la reconnaissance visuelle, la 5G, des commandes via le cloud et des systèmes de liaison avec les feux de circulation. Ils peuvent repérer des stationnements illégaux, des franchissements de feu rouge ou l’absence de casque chez certains usagers. Les autorités chinoises insistent sur l’argument pratique : les robots permettraient d’alléger les tâches répétitives des policiers et de rendre la gestion urbaine plus efficace. Reste que tout ceci n’est pas neutre, puisque c’est une pierre de plus dans l’édifice numérique chinois.

En 2017, le Conseil des affaires d’État chinois a publié un plan national visant à faire du pays un centre mondial majeur de l’intelligence artificielle d’ici à 2030. Ce document fixe des objectifs industriels et technologiques massifs, notamment dans les systèmes intelligents, les capteurs, les robots et l’analyse de données. En 2023, Pékin a aussi annoncé vouloir bâtir, dès 2025, un premier système d’innovation pour les robots humanoïdes, avec des applications dans l’industrie, les services et les usages dits « spéciaux ».

C’est là que le bât blesse. En Chine, la robotique policière arrive dans un pays déjà quadrillé par les caméras, la reconnaissance faciale, les bases de données biométriques et les outils de surveillance numérique. Human Rights Watch alertait en mars 2026 sur un projet de loi chinois contre la cybercriminalité. L’ONG estime que ce texte renforcerait la capacité des autorités à suivre l’activité des utilisateurs sur plusieurs plateformes, à suspendre des comptes financiers ou des services de communication, et à restreindre la liberté d’expression sous couvert de lutte contre les « fausses informations » ou la « perturbation de l’ordre en ligne ».

Le robot de carrefour n’est donc pas seulement une curiosité technologique. Il est la partie visible d’un iceberg administratif, dont le véritable rôle n’est ni plus ni moins que d’augmenter encore la surveillance, d’enregistrer, de transmettre. Il tombe, il bugue, il gêne parfois la circulation qu’il prétend organiser, mais au-delà de ces erreurs cocasses, il habitue les citoyens à la présence d’une autorité automatisée toute puissante.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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