
L’objectif est simple : obtenir les documents non expurgés susceptibles d’identifier des victimes, des témoins et d’éventuels complices liés aux faits commis dans l’ancien domaine d’Epstein au Nouveau-Mexique.
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Une échéance au 31 juillet, puis presque rien
Raúl Torrez avait fixé au DOJ une échéance au 31 juillet. D’après les informations du Guardian, son bureau n’avait reçu que 31 pages, fortement caviardées et largement inutilisables pour mener une enquête criminelle.
Une coopération fédérale façon photocopieuse : beaucoup de noir, assez peu de réponses.
Le problème dépasse une simple bataille administrative. Le ministère de la Justice du Nouveau-Mexique affirme que des documents fédéraux déjà rendus publics, bien que censurés, indiquent que plusieurs victimes ont été conduites au Zorro Ranch à différentes reprises et y ont subi des abus sexuels et de l’exploitation.
Torrez soutient surtout que les parties masquées contiennent précisément ce dont ses enquêteurs ont besoin : « les noms de survivantes, témoins, co-conspirateurs et autres individus » nécessaires à l’enquête.
En 2019, le Nouveau-Mexique avait déjà arrêté son enquête
L’un des éléments les plus embarrassants pour Washington remonte à 2019. À cette époque, les autorités du Nouveau-Mexique enquêtaient déjà sur les activités d’Epstein dans son ranch.
Selon l’ancien procureur général Hector Balderas, son équipe avait commencé à localiser et interroger des victimes lorsqu’un accord a été conclu avec les procureurs fédéraux du district sud de New York.
Le Nouveau-Mexique devait interrompre ses propres entretiens et transmettre ses informations aux fédéraux. En échange, les éléments concernant d’éventuels crimes relevant du Nouveau-Mexique devaient lui être communiqués par la suite.
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Selon les autorités de l’État, cette seconde partie de l’accord n’a jamais été respectée.
L’enquête a finalement été rouverte en février 2026, après la publication de nouvelles archives fédérales. Le mois suivant, les enquêteurs du Nouveau-Mexique ont procédé à la première fouille du Zorro Ranch menée par les forces de l’ordre dans le cadre de cette nouvelle procédure.
Plus de 13 000 références au Zorro Ranch
La plainte déposée à Washington donne une idée du volume d’informations concerné. Selon le document judiciaire, les archives Epstein contiendraient plus de 13 000 références au Zorro Ranch et quelque 5 000 mentions du Nouveau-Mexique.
Le DOJ répond qu’il est tenu par des décisions judiciaires protégeant l’identité des victimes et affirme rester disposé à coopérer dans le cadre légal. Mais Torrez accuse directement Washington de « stonewall », d’obstruction et de dissimulation.
Comme l’a rapporté Associated Press, son bureau dit avoir formulé dix demandes d’informations restées sans réponse satisfaisante.
Le sujet n’est donc plus de savoir si Epstein possédait un ranch au Nouveau-Mexique ou si des victimes y ont rapporté des abus. La question est désormais beaucoup plus concrète : pourquoi les procureurs chargés d’enquêter aujourd’hui ne peuvent-ils toujours pas consulter intégralement les dossiers détenus par ceux qui enquêtaient hier ?
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