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DNC : le piège du 100 % vaccination ? Ou pourquoi vouloir vacciner à 100% quand 95% suffisent

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Un modèle scientifique israélien de 2016, inadapté à nos montagnes, justifie-t-il encore d’exiger une vaccination totale alors que 95 % suffisent largement telle que l’exige la réglementation ? Les scientifiques de BonSens.org décryptent le décalage entre la règle européenne et la réalité des éleveurs ariégeois et haut-savoyards.

Imaginez la situation sur la gestion de la DNC (Dermatose nodulaire contagieuse) en Ariège – 99 % du cheptel a été vacciné ;et  il ne reste qu’une centaine de bovins non vaccinés sur les 73 000 de tout le département. Pourtant, la préfecture refuse toute dérogation et exige le 100 % de vaccination. Pourquoi cette obstination administrative ? Un rapport scientifique détaillé de BonSens.org démonte le « piège du 100 % vaccination» et rappelle que la stratégie européenne repose sur trois piliers – abattage total, vaccination obligatoire et mesures de biosécurité, mais que l’application aveugle du troisième pilier (vaccination à outrance) ignore la biologie réelle de la maladie et les spécificités de nos territoires.

 

Qu’est-ce que la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) ?

La DNC, ou Lumpy Skin Disease en anglais, est une maladie virale des bovins provoquée par un virus de la famille des poxvirus. Elle se manifeste par des nodules sur la peau, de la fièvre, une baisse de production laitière et parfois la mort des animaux les plus fragiles. Elle ne touche pas l’homme et se propage presque exclusivement par les insectes (mouches, taons, moustiques, tiques) qui piquent une vache malade puis une vache saine : on parle de transmission vectorielle mécanique.

Le problème est-il la maladie elle-même, ou la façon dont on la combat en France ?

 

Le paradoxe administratif : 95 % européens… mais 100 % seraient exigés en France et par Hervé Brabant, préfet de l’Ariège

L’Union européenne fixe un seuil clair et scientifique : 95 % des élevages vaccinés, détenant au moins 75 % du cheptel bovin de la zone. C’est le minimum pour considérer une région comme « contrôlée ».

En Ariège, ce seuil est largement dépassé depuis longtemps : 99 % de couverture vaccinale. Seule une centaine d’animaux sur 73 000 reste non vaccinée. La Haute-Savoie, touchée par 44 des 117 foyers français fin 2025, affiche des taux tout aussi élevés.

Pourtant, les arrêtés préfectoraux semblent exiger le 100 % et refusent les dérogations. Un véritable paradoxe de la vaccination illustré parfaitement par l’« escalier » des réels décalages administratifs. La question se pose donc : « Ce dispositif vise-t-il la santé animale, ou une conformité purement mathématique ? »

DNC

Le modèle EFSA 2016 : un outil qui n’était pas fait pour ça

Tout repose sur un rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) publié en août 2016.

Ce modèle mathématique a été conçu pour comparer l’efficacité relative de différentes stratégies (vaccination massive versus abattage total ou partiel). Il n’a jamais été prévu pour prédire le nombre exact de foyers dans une région précise.

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Le modèle utilise une formule simple qui calcule le risque de transmission selon le concept de la « force d’infection » en fonction de la distance entre deux élevages. Ou encore en langage simple : plus deux élevages sont éloignés, moins le risque de transmission est grand.

Mais attention :

  • Il a été calibré uniquement sur l’épidémie israélienne de 2012-2013 (climat chaud et sec, grandes fermes laitières confinées de 333 vaches en moyenne, système « zéro-pâturage »).
  • Validé sur seulement 15 élevages.
  • L’EFSA elle-même insiste : c’est un outil comparatif, pas prédictif, et un scénario « pire cas » pour les climats chauds.
Pourquoi ce modèle ne colle pas à nos montagnes

La réalité française de montagne est totalement différente :

  • Petits élevages pastoraux (70 à 80 bovins en moyenne en Ariège) très dispersés dans un relief accidenté.
  • Forte transhumance estivale : les troupeaux montent sur les estives et sont très éloignés les uns des autres.
  • Climat frais et humide en altitude, qui réduit fortement l’activité des insectes vecteurs.

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Le modèle israélien, adapté à des plaines arides et à des fermes confinées, surestime donc mécaniquement le risque dans nos territoires. C’est ce que les scientifiques appellent le transfert de connaissance ou « domain shift » : on applique un outil performant dans son contexte d’origine à un environnement très différent, sans recalibrage local. 

DNC

Le rapport de BonSens.org explique « qu’appliquer ce modèle à nos montagnes, c’est comme utiliser la météo du Sahara pour prévoir la pluie dans les Pyrénées », ou encore appliquer un algorithme de startups israéliennes pour évaluer des PME françaises traditionnelles. »

Sans recalibration locale, le modèle devient trompeur.

 
L’angle mort du modèle : il oublie les insectes

L e modèle de 2016 est ce que les scientifiques appellent « phénoménologique ». En mots très simples, cela signifie qu’il décrit seulement ce qu’on observe de l’extérieur (la propagation de la maladie en fonction de la distance), sans expliquer pourquoi ni quels sont les mécanismes réels derrière.

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Il regroupe tous les mécanismes biologiques – densité d’insectes, activité liée à la température, viabilité du virus sur les pièces buccales – dans une seule fonction de distance lissée. Il ne prend pas en compte la biologie réelle des vecteurs transmetteurs de la maladie.

La réalité biologique est tout autre : c’est une transmission purement vectorielle. La DNC se propage de manière mécanique : un insecte vecteur va « ponctionner la maladie » d’une vache malade et la transférer vers une vache saine. Le risque n’est pas la ferme voisine à 1 km, mais la présence locale d’insectes porteurs.

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Des modèles plus récents (2021-2025), de type « hôte-vecteur », corrigent cette lacune. Ils montrent que la propagation est très locale et que le contrôle des insectes (drainage des zones humides, gestion du fumier, entretien des estives) est souvent plus efficace que la seule vaccination.

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À 98-99 % de couverture vaccinale, le risque résiduel représenté par les derniers animaux non vaccinés devient négligeable en contexte montagnard.

 

L’épreuve du réel : la Sardaigne en avril 2026

Malgré 98 % de vaccination, un foyer en Sardaigne a conduit à l’abattage total de 190 bovins après seulement 5 cas chez des veaux de 4 mois (immunité maternelle disparue). Les vaches étaient infestées de tiques. Ceci démontre un échec de la stratégie unique de vaccination « réglementaire ».

DNC

L’immunité maternelle disparaît vers 4 mois et le virus peut circuler silencieusement via les vecteurs. Cet épisode prouve que la vaccination empêche les grandes épidémies, mais ne permet pas une « éradication immédiate et absolue » tel que semble le désirer l’administration. Elle ne permet donc pas un contrôle de l’épidémie tel que décrit dans le rapport de BonSens.org.

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L’irrationalité des 100 % face aux trois piliers européens ou une stratégie à trois piliers… réduite à un seul

La stratégie européenne repose sur trois piliers équilibrés : l’abattage total (stamping-out) des foyers, la vaccination obligatoire et des mesures de biosécurité (contrôle strict des mouvements d’animaux).

Or, en France, l’administration semble avoir oublié les deux autres :

  • L’abattage total reste appliqué de manière très stricte, même en cas de très faible nombre de cas.
  • Les mesures de biosécurité et surtout le contrôle renforcé des vecteurs sont sous-exploités.

DNC

Exiger 100 % de vaccination en montagne, alors que le seuil européen de 95 % est déjà largement dépassé, relève d’une logique mathématique et réglementaire plus que d’une évaluation fine de la situation épidémiologique réelle. Et ignorer la résistance aux insecticides (chez les stomoxes), la destruction des prédateurs naturels qui forment la base des alternatives de gestion environnementale non chimique conduit à une impasse sanitaire et écologique. Cela pénalise inutilement des éleveurs qui ont déjà fait un effort considérable au cours des dernières années sur les exploitations en préférant un équilibre du biotope et de l’environnement à une exploitation intensive.

 

Vers une approche plus intelligente et proportionnée

Les scientifiques de BonSens.org proposent une voie plus réaliste, une alternative évidente de respect des trois piliers pour une gestion proportionnée : accepter le seuil européen déjà atteint, accorder des dérogations locales pour les derniers animaux non vaccinés, renforcer le contrôle des vecteurs par des moyens environnementaux (non chimiques).

DNC

 

La science au service du territoire, pas l’inverse

À 99 % de vaccination, le risque résiduel des derniers bovins est négligeable en contexte montagnard. Maintenir une pression administrative aveugle relève du dogme, pas de la science.

La santé animale mérite mieux qu’une application mécanique et aveugle d’un pourcentage de 100%. Les scientifiques de BonSens.org appellent à une recalibration locale des modèles et à une proportionnalité réelle des mesures. Les éleveurs, qui ont déjà fait un effort énorme, méritent une réponse intelligente, pas un piège administratif.

Il est temps que la science et le bon sens retrouvent leur place face aux réalités du terrain.

DNC

Cet article s’appuie sur le rapport scientifique détaillé publié par BonSens.org.

Retrouvez le résumé vidéo de cet article :





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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