Une lueur d’espoir perce enfin dans le ciel économique argentin. L’agence de notation Fitch a relevé la note souveraine du pays de CCC+ à B-, une progression significative qui marque une reconnaissance des efforts entrepris par le gouvernement de Javier Milei. Cette décision, accompagnée d’une perspective stable, intervient alors que l’Argentine tente de se redresser après des années de turbulence financière.
Fitch justifie cette amélioration par des « balances externes et budgétaires structurellement améliorées » et des progrès tangibles dans les réformes économiques. Le président Milei sort des élections de mi-mandat d’octobre 2025 avec un mandat populaire renforcé et une base de soutien au Congrès lui permettant de mener son agenda de réformes. Cette stabilité politique constitue un élément clé dans l’évaluation de l’agence.
L’agence de notation pointe par ailleurs des victoires législatives importantes, parmi lesquelles la réforme du marché du travail et la modification de la loi des glaciers. Cette dernière, qui régissait depuis 2010 l’activité économique minière en zones glaciaires, a été réformée début avril pour offrir une plus grande latitude aux provinces fédérales. Le budget national préserve également un ancrage fiscal renforcé, selon Fitch.
Un soutien international décisif
L’Argentine a bénéficié mi-avril, durant les réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, d’une série de promesses de soutien. La Banque mondiale travaille à une garantie pouvant monter jusqu’à deux milliards de dollars pour aider au refinancement de la dette argentine. La Banque interaméricaine de développement y a ajouté 500 millions de dollars.
Le FMI a validé une nouvelle tranche d’aide d’un milliard de dollars dans le cadre du programme en cours de 20 milliards de dollars. Ces injections de liquidités permettent à l’Argentine d’améliorer ses réserves de devises et devraient réduire le déficit du compte courant à 1% du PIB pour cette année.
Les marchés restent prudents
Malgré tout, le FMI a revu à la baisse sa prévision de croissance de 4% à 3,5% pour l’Argentine et a doublé celle de l’inflation, passant de 16,4% à 30,4% pour 2026. Le pays reste confronté à des défis macroéconomiques majeurs.
La réforme du marché du travail a suscité une large opposition des centrales syndicales. La principale, la CGT, promettant de durcir les conflits sociaux. Pour l’exécutif, ce texte doit permettre de flexibiliser le marché du travail et stimuler l’emploi dans un pays qui compte 43% de travailleurs dans l’économie informelle, proportion en hausse depuis deux ans.
Bien que l’upgrade de Fitch soit une bonne nouvelle, il convient de noter que la note B- place toujours l’Argentine dans la catégorie spéculative, loin des investissements de qualité. Les spreads de crédit resteront probablement élevés par rapport aux émetteurs de qualité investissement.
L’agence a assorti sa décision d’une perspective stable, ce qui signifie qu’elle n’envisage pas de modification de la note dans les six prochains mois. Cette stabilité pourrait aider à réduire les coûts d’emprunt et faciliter l’accès aux marchés internationaux du capital, mais les investisseurs demeureront vigilants face aux risques persistants.










