Après les carburants, c’est au tour du gaz de faire grincer des dents. Depuis le 1ᵉʳ mai, les prix du gaz ont bondi de 15,4 % pour les trois quarts des ménages français dont les contrats sont indexés sur les prix du marché. Une mauvaise nouvelle de plus pour des Français déjà sous pression, et qui soulève une question de fond : pourquoi le gaz coûte-t-il toujours plus cher, et pour combien de temps encore ?
La guerre au Moyen-Orient, déclencheur immédiat
La cause directe de cette hausse est géopolitique. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé le 8 avril 2026 que la part approvisionnement allait évoluer au 1ᵉʳ mai, en raison de la hausse des prix sur les marchés du gaz liée à la crise en cours au Moyen-Orient. Le prix repère est ainsi passé à 160,54 €/MWh TTC, contre 139,12 €/MWh en avril.
Concrètement, cette flambée se ressent très vite dans le portefeuille. Pour les ménages se chauffant au gaz, la facture annuelle moyenne pourrait passer de 1 543 euros à 1 782 euros, soit un surcoût de 239 euros par an. Certes, la période de chauffe est passée pour l’instant — ce qui limite l’impact immédiat — mais si les prix de marché se stabilisent à ce niveau, la facture pourra s’envoler de 50 %, soit un surcoût de 525 euros par an pour les plus gros consommateurs.
Qui est vraiment touché ?
Tous les abonnés au gaz ne sont pas logés à la même enseigne. Les ménages qui ont souscrit une offre à prix fixe ne subiront aucun changement de tarif durant la durée de leur contrat. En revanche, les trois quarts des abonnés dont les offres sont indexées sur le prix repère du gaz ou sur les prix des marchés de gros verront leur facture augmenter.
Parmi eux, les situations varient selon les usages. Pour un foyer utilisant uniquement 750 kWh par an pour la cuisson, la facture annuelle passerait de 249 euros à 286 euros, soit 37 euros de plus par an, une hausse supportable. Mais pour les ménages qui se chauffent au gaz, l’impact est bien plus significatif.
Un problème structurel qui dépasse la conjoncture
Au-delà de la crise au Moyen-Orient, il existe des raisons plus profondes à la hausse continue des prix du gaz. L’une d’elles est paradoxale : plus les Français abandonnent le gaz, plus ceux qui restent paient cher. François Carlier, délégué général de l’association de consommateurs CLCV, l’explique clairement : « Moins de consommateurs pour un coût fixe, ça veut dire que chaque personne qui reste encore au gaz va devoir payer de plus en plus cher pour contribuer à l’entretien du coût du réseau. »
Ce phénomène est amplifié par la transition énergétique en cours. En France, 35 % des ménages se chauffent encore au gaz, mais leur nombre est en baisse : 11,17 millions de foyers étaient raccordés en 2021 contre une projection de 10,25 millions en 2027. Selon le Bureau européen des unions de consommateurs, la facture annuelle de gaz pourrait augmenter de 53 % dès 2030, représentant environ 300 euros supplémentaires par an.










