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« J’ai l’ai vu jouer une pauvre adolescente de 16 ans au poker »

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Jean-Louis Murat avait raison : Patrick Bruel jouait avec bien plus que des cartes.

Jean-Louis Murat décrivait une scène hallucinante : une adolescente de 16 ans, « complètement à la rue, c’était une enfant perdue… », mise en jeu comme un simple jeton par Bruel et une autre star de la chanson. C’est lors d’une interview avec Pascale Clark, en 2007, qu’il évoquera « un des trucs les plus répugnants » de sa carrière, sans jamais citer de noms. Deux « énormes vedettes » jouant avec une « petite nana de 16 ans ». Le regret de ne pas être intervenu le hantait.

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Trente ans plus tard, ce témoignage refait surface au pire moment pour Maurice Benguigui – vrai nom de Patrick Bruel. L’ex-idole des Français est aujourd’hui mise en examen pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement. Près de trente femmes l’accusent de violences sexuelles et sexistes entre 1991 et 2019. Parmi elles, « Julia », masseuse à l’hôtel-spa Villa Duflot de Perpignan lors du festival des Déferlantes en 2019.



Son récit est accablant : un homme nu exigeant des « prestations » pendant le massage, des propos explicites, une insistance malsaine. « Plus on va me résister, plus… ça m’excite. » Cerise sur le gâteau : il aurait enregistré son numéro sous « Julia, interfessier de Patrick ». Une plainte classée sans suite en 2019, rouverte en mai dernier. Cette fois, le parquet de Nanterre a agi.

Le déni et la chute

Bruel nie tout. « Aucune contrainte, aucune violence. » Il se présente en victime d’un complot antisémite. Pourtant, les juges ont estimé les éléments suffisants pour une mise en examen. Pis : les plaintes continuent d’affluer. Le masque du « mec sympa des Restos du Cœur et des Enfoirés » se fissure un peu plus chaque jour.

L’ironie cruelle du destin

Maurice Benguigui a bâti sa carrière sur l’image du bon garçon, tout en excellant au poker professionnel. Ironie du sort : aujourd’hui, c’est lui qui se retrouve sur la table. Et les cartes qu’on retourne sont de plus en plus sales. Des cartes qui portent les noms de femmes brisées, parfois mineures au moment des faits.



Quand les morts parlent

Jean-Louis Murat l’avait vu venir. Il avait vu la « pauvre gamine » de 16 ans. Il avait vu l’abjection. Trente ans plus tard, la justice commence enfin à regarder dans la même direction. Et ce n’est pas fini. Loin de là. Car quand on protège les prédateurs pendant des décennies, même les morts finissent par parler. Et les vivantes, elles, ne se taisent plus.



Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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