Pendant que l’Élysée continue de vanter sa « République exemplaire », une nouvelle page sombre s’ajoute au palmarès judiciaire de la Macronie. Caroline Cayeux, la très éphémère ministre déléguée aux Collectivités territoriales, a été condamnée très discrètement le 1ᵉʳ avril dernier, via une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), à dix mois de prison avec sursis, 100 000 euros d’amende et vingt-quatre mois d’inéligibilité. Motif ? Fraude fiscale et évaluation mensongère de son patrimoine. C’est initialement Le Monde qui a levé le voile sur cette affaire réglée dans la plus grande discrétion d’un tribunal parisien.
Issue de la droite classique, maire de Beauvais pendant plus de vingt ans, sénatrice, proche de Fillon, elle avait rallié le camp Macron (eh oui ! ) en 2020 par « pragmatisme ». Nommée en juillet 2022 dans le gouvernement Borne, elle n’aura tenu que quatre petits mois. Dès novembre, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) devait sonner l’alarme : sous-évaluation massive de son patrimoine, estimé à plus de 20 millions d’euros. Un appartement de 213 m² place de l’Alma (Paris 16ᵉ) minoré de 49 %, une maison de 400 m² à Dinard (Ille-et-Vilaine) sous-évaluée de 46 %, et surtout des parts dans une SCI minorées de 7,63 millions d’euros (63,5 % de leur valeur réelle). Au total, 11,7 millions d’euros “oubliés”, entraînant une fraude à l’IFI. De quoi faire bondir le pauvre petit contribuable, véritable vache à lait, qui lui, remplit sa déclaration au centime près.
Cayeux n’est pas un cas isolé. Elle rentre dans le palmarès, le club des cinq… Cinquième membre du gouvernement Macron à être condamnée pénalement depuis 2017, sur les 26 qui ont eu maille à partir avec la justice. On pense à Alain Griset, Jean-Paul Delevoye, Olivier Dussopt ou encore Nathalie Elimas.
Si la promesse de 2017 fut « exemplarité », « transparence », « en même temps » la morale et l’efficacité, la réalité est tout autre, un défilé de démissions, d’enquêtes préliminaires, de mises en examen et de plaider-coupable discrets.
À 77 ans, Caroline Cayeux a finalement tiré sa révérence politique en janvier 2026. « Libre de défendre » ce qu’elle veut, dit-elle. À n’en pas douter, après des années de mandats locaux, un passage éclair au gouvernement et cette petite cabriole fiscale, Caroline a envie de respirer…
Combien de temps les Français vont-ils accepter la schizophrénie de ce pouvoir qui prêche l’exemplarité dans le trainage de casseroles ?








