La Grèce durcit les règles d’implantation des éoliennes après une série d’incendies ayant placé certaines installations électriques dans le viseur de la justice. Le nouveau cadre limite fortement les projets dans les espaces naturels sensibles, alors que les renouvelables fournissent désormais plus de la moitié de l’électricité du pays.
BFM Business rapporte que le gouvernement grec a décidé de renforcer l’encadrement du développement éolien, dans un contexte de contestation croissante autour de ses effets sur les forêts et les paysages. Les parcs sont notamment accusés de favoriser certains incendies par leurs infrastructures électriques, mais aussi d’alimenter la spéculation foncière ou de dégrader des espaces naturels. La question a pris une dimension judiciaire après plusieurs feux survenus cet été.
Le nouveau cadre d’aménagement des énergies renouvelables, entré en vigueur le 19 août, interdit désormais les éoliennes dans plusieurs catégories de territoires. Le ministère grec de l’Environnement et de l’Énergie indique que les nouvelles installations sont notamment exclues de l’Attique et de l’aire métropolitaine de Thessalonique, des zones situées à plus de 1 200 mètres d’altitude, des zones humides protégées par la convention de Ramsar, des paysages naturels remarquables, des cœurs de parcs nationaux et de certains secteurs protégés pour leur patrimoine naturel ou culturel. Des restrictions supplémentaires s’appliquent aux îles de moins de 300 km².
Ce durcissement intervient quelques semaines après un important incendie parti le 31 juillet en Béotie, au nord-ouest d’Athènes. Kathimerini rapporte qu’une enquête préliminaire nationale a été ordonnée sur les installations éoliennes après ce sinistre. Les enquêteurs soupçonnent le réseau électrique privé d’un parc éolien d’avoir été à l’origine du départ de feu. Ils doivent désormais examiner plus largement la conformité des installations du pays, leurs autorisations ainsi que le respect des règles techniques d’exploitation et de maintenance.
L’affaire ne signifie pas que les éoliennes constituent, en elles-mêmes, une cause générale des feux de forêt grecs. Les soupçons portent notamment sur les lignes et équipements électriques associés à certains parcs. Une distinction importante dans un pays régulièrement frappé par des incendies aggravés par la chaleur, la sécheresse et les vents.
Athènes ne renonce d’ailleurs pas à sa transition énergétique. Selon les données Eurostat reprises par BFM Business, les renouvelables représentaient déjà un peu plus de 50 % de la production électrique grecque en 2024. Le gouvernement cherche désormais à poursuivre leur déploiement en imposant davantage de contraintes géographiques et environnementales. Après des années d’expansion rapide, les incendies de l’été 2026 auront donc aussi placé la maintenance et l’implantation des parcs au cœur de la politique énergétique grecque.










