
La métamorphose : des excuses aux alfajores, ou l’art de la réconciliation intéressée
Élu en novembre 2023, Milei a opéré un virage spectaculaire. Les invectives ont cédé la place aux excuses, puis à une diplomatie de la séduction. Un coup de fil au Vatican, une rencontre officielle en février 2024, et voilà le pape transformé en « l’Argentin le plus important de l’histoire ». Les alfajores et les biscuits au citron, ses préférés, ont scellé cette réconciliation aussi soudaine qu’inattendue. « Catholique pratiquant un peu le judaïsme », se définit-il désormais, comme pour mieux brouiller les pistes. Une conversion de façade ? Une stratégie ? Peu importe : l’essentiel était de tourner la page, tout en gardant les apparences.
Javier Milei président de l’Argentine :
Le pape, oui, je vais le dire franchement, est le représentant du mal sur
Terre, occupant le trône de la maison de Dieu. pic.twitter.com/ZampTK4JN9— L’oeil Medias (@LoeilMedias1) April 21, 2026
Israël, pilier intouchable d’une politique étrangère messianique
Si Milei a su modérer ses ardeurs anticléricales, son soutien à Israël, lui, n’a jamais faibli. « Le président le plus sioniste du monde », se vante-t-il, une affirmation martelée à chaque discours, chaque visite, chaque déclaration. Sa vision du monde ? Un mélange de valeurs bibliques, de liberté absolue, de propriété privée, et d’une alliance indéfectible avec l’État hébreu. « Am Israel Haï » (« Le peuple d’Israël vit »), clame-t-il à Jérusalem en avril 2026, lors du 78e anniversaire de l’État, avant d’annoncer le transfert de l’ambassade argentine dans la ville sainte pour cette année. Les « Accords d’Isaac », signés avec Benjamin Netanyahou, scellent une coopération diplomatique, économique et stratégique sans précédent. « Clarté morale », salue le Premier ministre israélien. « Frères dans la souffrance », répond Milei, évoquant la guerre contre l’Iran.
Marxisme « satanique », judaïsme « fondateur » : la théologie politique d’un libéral radical
Pour Milei, le monde se divise en deux : d’un côté, les forces du mal – le marxisme, « satanique », « contraire au plan de Dieu » ; de l’autre, les héritiers de la liberté, incarnés par le judaïsme et le capitalisme. « La guerre contre l’Iran est la bonne chose à faire », déclare-t-il, sans ambiguïté. « Les États-Unis et Israël sont des frères », ajoute-t-il, comme pour mieux ancrer son discours dans une croisade manichéenne. L’Argentine, avec sa communauté juive la plus importante d’Amérique latine (300 000 personnes), devient sous sa présidence un bastion de la cause sioniste : échanges de renseignements, formations antiterroristes, coopération renforcée. Une politique étrangère à l’unisson de ses convictions, où la foi le dispute à l’idéologie, et la provocation à la diplomatie.










