
Les faits remontent à un rassemblement d’extrême droite commémorant la « Journée de l’Honneur ». Selon les procureurs hongrois, Ilaria Salis aurait participé à un réseau activiste international opérant via le darknet, planifiant des attaques contre des militants d’extrême droite. Ce groupe, structuré comme une organisation criminelle, aurait procédé à la surveillance de cibles, à l’acquisition d’armes – dont des matraques télescopiques – et à des assauts violents menés par des équipes masquées. Les agressions auraient entraîné des blessures graves et des traumatismes durables chez plusieurs participants à la manifestation. Interpellée alors qu’elle tentait de quitter le pays, Salis conteste les charges et se présente comme une antifasciste s’opposant à des groupuscules néonazis.
Son élection au Parlement européen en juin 2024, suivie de sa libération conditionnelle, a suscité des soupçons : ses adversaires y voient une manœuvre délibérée pour se soustraire aux poursuites. La demande hongroise de levée d’immunité, déposée en octobre 2024, vient d’être rejetée en commission JURI après un scrutin secret. Certains observateurs dénoncent des tractations entre familles politiques, la gauche et les Verts ayant obtenu le soutien d’une frange de la droite pour protéger également d’autres élus menacés judiciairement. Les partisans du gouvernement Orbán dénoncent une entrave à la justice, tandis que la gauche européenne salue une résistance face à ce qu’elle qualifie de persécution politique.
Ce blocage institutionnel interroge sur les dérives possibles de l’immunité parlementaire, susceptible d’être instrumentalisée pour retarder indéfiniment des procédures légitimes. Des eurodéputés du groupe des Patriotes pour l’Europe, à l’instar de ceux issus du Rassemblement national, ont fustigé une décision « scandaleuse » qui couvrirait, selon eux, une « internationale de la violence ». À l’inverse, la gauche met en avant les conditions de détention décriées de Mme Salis et dénonce la partialité des autorités hongroises. Le prochain vote en séance plénière, hautement symbolique, exposera au grand jour les fractures idéologiques qui traversent l’Europe.
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