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Photovoltaïque : de la poule aux œufs d’or vendue à coup de subventions, à l’élixir amer d’un marché en dégénérescence

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Voilà le chemin parcouru en quelques années par des milliers de Français séduits par le mirage de l’autoconsommation solaire. Encouragés par l’État à installer des panneaux sur leur toit grâce à des aides publiques massives, ils ont cru investir dans un avenir vert et rentable. Ils ont surtout investi dans un système qui, faute de garde-fous suffisants, a attiré des opportunistes et transformé leur production d’énergie propre en source de litiges, de pertes financières et de désillusion.

Le rapport annuel 2025 du médiateur national de l’énergie, publié le 2 juin, dresse un constat accablant. Le nombre d’installations photovoltaïques individuelles a explosé : plus de 777 000 raccordées au deuxième trimestre 2025, en hausse de 56 % en un an. Derrière cette croissance spectaculaire financée par l’argent public se cache une réalité beaucoup plus sombre. Les litiges liés au photovoltaïque ont été multipliés par six depuis 2022. Plus de 580 saisines recevables rien qu’en 2025 concernent la revente du surplus injecté sur le réseau. Un chiffre qui ne cesse de grimper alors que le volume global des litiges énergétiques a légèrement reculé.

Au cœur de cette dérive, un acteur emblématique : JPME (Actelios Solutions). Spécialisé dans le rachat de l’électricité solaire des particuliers, l’entreprise a vu les plaintes contre elle plus que doubler en 2025, atteignant 621 saisines. Retards de paiement systématiques, défauts de versement, non-respect des engagements pris devant le médiateur… Les griefs sont graves et répétés. Il a fallu attendre janvier 2026 pour que le ministère de l’Économie lui retire enfin son autorisation d’achat. Trop tard pour des milliers de producteurs qui se sont retrouvés sans interlocuteur, sans revenu et sans recours rapide pendant des mois.

À ces défaillances s’ajoute la baisse unilatérale des tarifs de rachat. Si les installations les plus anciennes conservent souvent leur tarif initial, les nouvelles ou celles qui relèvent du régime 2025 subissent une réduction brutale du prix du kilowatt injecté, passé de plus de 12 c€ à seulement 4 c€. Une décision imposée qui fragilise encore la rentabilité promise à ceux qui ont investi sur la foi d’un modèle économique attractif.

Ce n’est pas un simple dysfonctionnement. C’est le résultat prévisible d’un marché secondaire laissé en jachère. L’État a multiplié les subventions pour accélérer la transition énergétique. Il a créé un appel d’air que des sociétés peu solides, voire peu scrupuleuses, ont aussitôt exploité. Contrats opaques, promesses de rémunération alléchantes, absence de vérification sérieuse de la solvabilité des acheteurs, et maintenant des tarifs officiels sabrés : tout était réuni pour que le rêve tourne au cauchemar. Les particuliers, souvent peu armés face à ces montages complexes, sont devenus les variables d’ajustement d’un système qui privilégie la quantité d’installations à la qualité de l’encadrement.

Le médiateur, dans son rapport, parle de « points de vigilance » et de « complexification des modèles contractuels ». La réalité est plus crue : un marché en dégénérescence où l’intérêt général et la protection des consommateurs passent après l’urgence de faire du chiffre vert. Des milliers de ménages qui ont financé eux-mêmes une partie de leur installation avec l’aide de l’argent du contribuable se retrouvent aujourd’hui floués, contraints de saisir gratuitement le médiateur pour tenter de récupérer ce qui leur est dû.

Cette affaire JPME n’est probablement que la partie visible d’un problème plus large. Tant que l’État continuera à pousser les Français vers le solaire sans exiger de garanties solides sur la revente du surplus et sans stabiliser les tarifs, le même scénario risque de se reproduire. La transition énergétique ne peut pas reposer sur la bonne foi de sociétés opportunistes ni sur la résignation de citoyens abusés. À force de vendre la poule aux œufs d’or subventionnée sans contrôler qui la ramasse, ni à quel prix, on finit par fabriquer un marché toxique.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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