
Macron abandonnait sa panoplie de président pour endosser celle de banquier pour parler de l’hôpital. Ils s’en frottait même les pouces et majeurs : quelle bonne affaire ! Première étape : « C’est plus dur de le réinventer quand tout n’a pas été détruit. » Il faut croire que l’Hôpital a été suffisamment détruit puisque notre cher président passe à la seconde étape : remplacer le personnel hospitalier par des mots.
Patrice Gibertie plante le décor : « Le vrai problème est là : les Ehpad manquent cruellement de personnel soignant depuis des années. Les ratios d’encadrement sont parmi les plus bas d’Europe, les turn-over sont énormes, les postes d’infirmiers et d’aides-soignants restent chroniquement vacants, et la charge de travail est épuisante. Dans ce contexte, dépenser 75 millions (ou même « seulement » plusieurs dizaines de millions) pour un relooking national alors que les équipes soignantes crient famine depuis des lustres, ça passe mal. Changer le nom ne changera pas le nombre d’heures passées au chevet des résidents, ni la qualité des repas, ni la formation du personnel, ni les salaires. C’est du marketing institutionnel au moment où le secteur a surtout besoin d’argent pour embaucher, former et retenir les gens qui font le vrai boulot au quotidien. »
Le salaire annuel de 2 000 infirmières gaspillé pour un simple changement de nom
Le coût de ce ravalement de façade n’est pas encore chiffré officiellement, mais l’estimation de 75 millions d’euros est plausible. Cela représente environ 10 000 € par établissement, pour un changement complet de signalétique, de site internet, de courriers, de plaquettes et de marquage.
Les infirmiers et aide-soignants interrogés par Victor Castanet dans son enquête sur les Ehpad du groupe Orpea, Les fossoyeurs – Révélations sur le système qui maltraite nos aînés (chez Fayard), auront certainement l’impression d’avoir été entendus.
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