
Dans son nouveau livre d’enquête Pédocriminalité – L’hypocrisie française (Cherche Midi), cette consœur conclut à l’indifférence, au mieux, du pouvoir français face aux prédateurs d’enfants.
Dès introduction, elle met les points sur les i à l’intention du président Macron et de son épouse : « Nous avons d’ailleurs au sommet de l’État français un couple qui envoie un message que j’estime désastreux d’impunité et de justice de classe. Car soyons bien clairs, une enseignante qui commence une relation amoureuse avec un élève mineur est passible de poursuites pénales. C’était et c’est toujours interdit. » (Mon commentaire : je rappelle que le futur président avait alors 14 ans.)
Pionnière dans le combat contre ce fléau. elle a publié Le livre de la honte en 2020 avec Serge Garde.
Vingt-cinq ans plus tard, la journaliste livre un constat désabusé à partir de multiples témoignages : « On pourrait penser que les choses ont changé. C’est parfois vrai, et pas toujours pour le meilleur. Mais globalement, on peut déplorer une inertie de l’État dont la protection des enfants est la première victime. »
« J’ai vu des vidéos de viols d’enfants, de nourrissons, j’ai vu la souffrance des petits. Je considère que ces comportements atroces constituent une tache hideuse sur notre espèce. Pas un animal ne fait ça. Et je crois que ne pas tout mettre en œuvre pour lutter contre de tels actes oblitère gravement notre avenir. Les victimes sont marquées à vie, et c’est un lieu commun de dire que les enfants sont cet avenir. Alors oui, violer un enfant constitue un crime contre l’humanité », dit-elle.
Cette conclusion, que je partage, n’a pas encore provoqué la création d’une loi pour la marquer dans le marbre, avec les peines correspondant à ces horreurs contre les petits. Lauŕence Beneux dénonce notamment « l’illégalité » de la correctionnalisation en série des crimes sexuels, pourtant tenus d’être jugés en Cour d’assises. Les peines sont ainsi abaissées à 6 ans de prison au lieu de 20 ans de réclusion.
Le pessimisme de sa conclusion concerne l’enfer de l’ASE pour les enfants placés en toute illégalité : « On pourrait me reprocher de ne pas avoir développé les problèmes rencontrés à l’école, à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), dans l’Église, etc. J’ai été obligée de faire des choix, et certains de ces thèmes ont été largement traités par des confrères dans d’autres livres. Franchement, si aucune réforme majeure n’est sur la table concernant l’ASE, ce ne peut pas être par ignorance des politiques. C’est qu’ils s’en foutent. »










