
En 2024, environ 2 700 enfants de moins d’un an sont décédés en France. Le décompte précis cité par plusieurs médias atteint 2 709 décès. D’après les données publiées par l’Insee, la mortalité infantile s’établit désormais à 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes. Autrement dit, un bébé sur 250 n’atteint pas son premier anniversaire.
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En 2011, ce taux était encore de 3,5 ‰. La hausse vient principalement des décès survenant entre le premier et le vingt-septième jour de vie. Pendant que la plupart des pays européens continuaient à progresser, la France a suivi la trajectoire inverse avec l’assurance tranquille d’une administration qui sait toujours produire un formulaire après la catastrophe.
Depuis 2015, la France affiche un taux de mortalité infantile supérieur à la moyenne européenne. En 2023, celui-ci atteignait 4 ‰ dans l’Hexagone, contre 3,3 ‰ dans l’Union européenne. La dégringolade est documentée par le rapport de l’IGAS : 3e place européenne entre 1996 et 2000, 20e en 2014, puis 23e à partir de 2022. Vingt places perdues pendant que les gouvernements successifs continuaient à vanter l’excellence du système de santé français.
Un rapport terminé en janvier, publié en août
L’Inspection générale des affaires sociales avait pourtant travaillé sur le sujet. Son rapport de 306 pages, intitulé « Organisation de la périnatalité dans les territoires », porte la date de janvier 2026. Il décrit une augmentation « continue et grave » de la mortalité infantile depuis une quinzaine d’années.
Le document n’a cependant été rendu public que le 4 août 2026. Près de sept mois d’attente. Selon les informations attribuées au Canard enchaîné, le directeur de l’IGAS, Thomas Audigé, réclamait sa publication depuis plusieurs mois. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, avait entre-temps annoncé une nouvelle mission chargée de trouver des propositions concrètes. Une méthode bien connue : commander une étude pendant qu’une autre étude terminée prend la poussière.
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Pas une cause unique, mais une addition de défaillances
Le rapport ne désigne pas un responsable unique. Il évoque plusieurs facteurs : précarité, inégalités territoriales, âge des mères, grossesses multiples, suivi insuffisant de certaines grossesses et organisation des soins périnatals. Les écarts sont particulièrement importants dans les territoires ultramarins et en Île-de-France.
L’IGAS précise aussi que les fermetures et regroupements de maternités ne suffisent pas, à eux seuls, à expliquer la hausse. Mais le document insiste sur la prévention, le repérage des grossesses à risque, la qualité du suivi et la prise en charge des nouveau-nés vulnérables. Des sujets qui nécessitent des professionnels, des lits et des moyens, trois éléments beaucoup moins simples à fabriquer qu’un discours ministériel.
Le gouvernement dispose désormais d’un rapport public, de chiffres officiels et de recommandations précises. Il ne reste plus qu’à passer de la publication à l’action. Une étape pour laquelle aucun délai de sept mois n’a encore été officiellement annoncé.
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Ce que ne dit pas le rapport
Selon Pierre Chaillot, statisticien, les bébés nés en France au mois de juin 2021 ont un taux de mortalité exceptionnel. Il s’est donc passé un événement significatif exceptionnel. Un article de Christine MacKoi montre que des données similaires ont été enregistrées en Israël aux mêmes périodes : la mortalité néonatale a explosé au deuxième trimestre 2021, soit juste après la première campagne de vaccination des jeunes en âge de procréer et au 4ᵉ trimestre 2021, juste après la campagne pour la 3e dose.










