Une scène pour le moins inattendue s’est déroulée le 30 mars au soir sur l’A11, près de La Chapelle-sur-Erdre. Les gendarmes de la brigade d’intervention rapide, habitués aux excès de vitesse spectaculaires, ont cette fois intercepté une Porsche 911 GT3 lancée à 228 km/h sur une portion limitée à 130. Rien d’exceptionnel en apparence pour ce type de véhicule… jusqu’au moment du contrôle, où ils découvrent au volant une femme de 92 ans, « parfaitement lucide et calme », qui se range « docilement » sur l’aire de repos demandée.
L’étonnement passé, la situation prend une tournure presque désarmante. Face aux militaires, la nonagénaire assume sans détour : « J’adore rouler vite ». Une phrase simple, presque candide, qui tranche avec l’image que l’on se fait habituellement de la conduite du troisième âge. Issue d’un milieu passionné d’automobile, elle aurait gardé intact ce goût pour la vitesse, comme un dernier espace de liberté. Difficile de ne pas y voir, au-delà de l’infraction, une forme de refus discret de renoncer complètement à ce qui fait vibrer, même à 90 ans passés.
Reste que la réalité juridique est implacable. Un tel dépassement de vitesse expose à des sanctions lourdes : amende, retrait de points, suspension du permis, et mise en fourrière immédiate du véhicule. Sans minimiser le danger réel d’une telle conduite, l’épisode interroge aussi sur notre rapport à la liberté individuelle, surtout lorsqu’elle s’exprime tard dans la vie. Car après tout, si la règle doit s’appliquer à tous, on peut aussi se demander s’il n’existe pas, même à 92 ans, une part d’élan qu’aucun radar ne saura totalement contenir.










