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En Turquie, l’agriculture intensive creuse son propre tombeau

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En Turquie, la région de Konya s’effondre sous le poids d’une agriculture intensive assoiffée. Si bien que des milliers de dolines menacent autant les infrastructures que les habitants, alertant sur les conséquences d’une exploitation de l’eau souterraine sans limites.

Imaginez un champ qui s’effondre sous vos pieds. En Turquie, ce cauchemar est devenu réalité. Dans la région agricole de Konya, des trous béants se forment là où l’eau a dissout la roche calcaire et créé des vides souterrains. C’est ce qu’on appelle les dolines, et il y en a des milliers qui se forment dans les sols, leur nombre explosant sous l’effet d’une irrigation excessive. “Depuis les années 2000, le niveau des nappes phréatiques chute de 1 à 2 mètres par an”, alerte le professeur Fetullah Arik de l’université technique de Konya. Et pour certains puits d’observation, cette perte atteint même 20 mètres chaque année.

La Turquie paye ici le prix d’un modèle agricole hérité des années 60, qui pousse à creuser toujours plus profond pour faire pousser maïs et betterave, entre autres choses. Plus de 90 % de l’eau prélevée dans la région de Konya est dédiée à l’agriculture, avec près de la moitié provenant des nappes souterraines. Pire, cette exploitation frénétique s’étend aussi aux puits illégaux. Alors que 35 000 puits sont officiellement recensés, les experts estiment qu’il pourrait y en avoir jusqu’à 100 000 non autorisés, surexploitant sans aucun contrôle les réserves d’eau. Comme le rapporte Futura Sciences, ce phénomène menace désormais les infrastructures et la sécurité des résidents, dont certains sont forcés d’abandonner leurs habitations.

Le désastre n’est pas uniquement turc : des effondrements similaires surgissent aux États-Unis, en Australie et en Israël. Ce phénomène global résonne comme un signal d’alarme pour la gestion durable des ressources hydriques. Entre sécheresses accrues et exploitation massive, il serait peut-être pertinent de repenser nos modèles agricoles.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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