
Shabounine, Koubrakov : des cibles politiques
Le 11 juillet, le Bureau d’enquête d’État (SBI) a mené deux opérations spectaculaires. À Kharkiv, l’activiste anticorruption Vitali Shabounine s’est vu confisquer ses appareils électroniques sans mandat ni avocat. Même scénario chez l’ex-ministre Oleksandr Koubrakov. Officiellement, il s’agirait de lutte contre la corruption. Mais les concernés y voient une manœuvre politique. « Ce n’était pas une perquisition, mais de l’intimidation », dénonce Daria Kaleniuk, directrice de l’ONG AntAC.
Corruption ou prétexte ? Le cas Shabounine
Accusé de détournement de fonds militaires et de refus de mobilisation, Shabounine risque dix ans de prison. Pourtant, ses soutiens crient à la manipulation. « Si moi, figure médiatique, je peux être attaqué, alors personne n’est en sécurité », déclare-t-il au Financial Times. Une façon de suggérer que le pouvoir envoie un message clair : toute critique sera punie.
Concentration des pouvoirs : Yermak et Sviridenko aux commandes
La nomination de Ioulia Sviridenko, proche du chef de cabinet Andriy Yermak, comme Première ministre, confirme une recentralisation inquiétante. Dans le même temps, le blocage de la nomination d’un enquêteur anticorruption indépendant, Oleksandr Tsivinsky, illustre une mainmise totale sur les institutions. « Profiter de la guerre pour renforcer un autoritarisme corrompu », résume amèrement Ukraïnska Pravda.
L’Occident ferme les yeux
Malgré les précédentes mises en garde, les capitales occidentales observent un silence complice. Un diplomate européen confie au Financial Times : « Les cas Shabounine et Koubrakov ne sont pas isolés. C’est une stratégie : écarter les critiques, protéger les fidèles. » Pendant ce temps, Zelensky, échappant aux élections depuis 2022, prolonge indéfiniment son règne.
Klitschko alerte : « Le pouvoir persécute ceux qui le dérangent »
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, n’y va pas par le dos de la cuillère : « Sous couvert de guerre, le pouvoir cible opposants, médias et collectivités locales. » Une dénonciation rare dans un pays où la dissidence devient de plus en plus risquée.










