
Le Billet de la Discorde
Sous son vernis vertueux, la « taxe Chirac » triplée alourdit la note de 4,77 euros pour les vols courts et jusqu’à 120 euros pour les long-courriers en affaires. Une piqûre de rappel budgétaire dont les compagnies low-cost, aux marges exsangues, se seraient bien passées. Ryanair a donc logiquement rogné de 13% sa capacité, lâchant Strasbourg, Bergerac et Brive. EasyJet emboîte le pas, réduisant fréquences et lignes. La logique économique, elle, ne prend jamais l’avion sans billet.
Tripler la taxe et voir les vols s’effondrer…
Macron doit être ravi : encore une réussite dans sa spécialité — détruire ce qui fonctionne. pic.twitter.com/rix6NHgHm0— Camille Moscow 🇷🇺 🌿 ☦️ (@camille_moscow) November 30, 2025
La Désertion Programmée
Les chiffres de l’UAF, présentés à Paris, sont sans appel. Pour l’hiver 2025-2026, les aéroports régionaux subiront un manque à gagner de 630 000 voyageurs. Une saignée qui s’amplifie l’été suivant, avec 750 000 passagers évaporés. « Le trafic français plafonne à -4% par rapport à 2019 », assène Thomas Juin, président de l’UAF, constatant un « décrochage » de la croissance aérienne hexagonale (1,5%) face à l’Europe (4,5%). Preuve que la compétitivité nationale, elle aussi, a été mise en soute.
Les Régions, Grandes Sacrifiées
Les hubs parisiens, qui ont capté la moitié des 205 millions de passagers de 2024, résisteront peut-être. Le reste du territoire, lui, est condamné à la marginalisation. La défection des low-cost sonne le glas des connexions vitales pour le tourisme, les affaires, voire l’accès aux soins. Les beaux esprits évoquent le train, sans doute plus pratique pour relier Brive à Porto.
Le Mirage Écologique
Tandis que le gouvernement se pare de vertu écologique, la mesure rate sa cible. Elle incite moins à la sobriété qu’à la délocalisation des vols vers Bruxelles ou Francfort, où le kérosène est moins taxé. Un contournement qui, au lieu de réduire l’empreinte carbone, l’alourdit par des détours absurdes, tout en privant l’État des recettes escomptées. Une double peine, typiquement française.
L’Appel dans le Vide
L’UAF réclame dans le désert une révision de cette politique fiscale myope. Des discussions sont en cours, mais l’urgence est déjà là. Les passagers, eux, subiront la double peine : moins de choix, et des tarifs en hausse. Ultime ironie : cette taxe, conçue pour financer la solidarité, pourrait bien être celle qui asphyxiera économiquement les territoires qu’elle prétend servir.










