Les victimes de la contamination par les PFAS, substances chimiques persistantes surnommées « forever chemicals », expriment leur colère après le refus répété d’Ursula von der Leyen de les rencontrer. La présidente de la Commission européenne a décliné trois demandes de dialogue émanant de représentants de communautés touchées en France, Allemagne, Italie, Belgique, Danemark et Pays-Bas.
Le 5 mars 2026, vingt-six personnes issues de zones gravement polluées se sont rendues à Bruxelles pour alerter directement la Commission. Devant le Berlaymont, ils ont déployé une banderole accusatrice : « Von der Leyen rencontre les empoisonneurs, nous ignore ». Soutenus par le European Environmental Bureau (EEB), ils dénoncent un double discours : tandis que la présidente trouve le temps de rencontrer les dirigeants de l’industrie chimique à Anvers – un haut lieu de pollution aux PFAS –, elle invoque un agenda chargé pour refuser tout échange avec les citoyens affectés.
Dans une lettre envoyée en janvier 2026, ces communautés soulignaient les conséquences dramatiques sur leur santé : cancers, troubles immunitaires, problèmes thyroïdiens et impacts sur la reproduction. Elles exigent l’application du principe de précaution et une interdiction large des PFAS.
Face aux critiques, la Commission se défend en rappelant que von der Leyen a déjà rencontré des ONG environnementales et qu’elle s’engage à présenter une proposition pour restreindre ces polluants éternels. Cinq pays (Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Suède) ont demandé dès 2023 une restriction universelle. L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) doit rendre son avis final fin 2026.
Ce nouvel épisode alimente les accusations de proximité excessive entre la Commission et l’industrie chimique, alors que les procédures judiciaires se multiplient (Arkema près de Lyon, 3M à Anvers). Les victimes demandent simplement à être entendues au plus haut niveau avant que des exemptions ne soient accordées aux industriels.










