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Romain G., qui travaillait sur la série “Kaamelott”, a été mis en examen pour des viols et agressions sexuelles sur 34 petits garçons

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À Lucenay, on fêtait les anniversaires des enfants, on a fini par compter les victimes et les séquelles.

Un prédateur méthodique et insoupçonnable

Jusqu’alors perçu comme un parent impliqué et sans histoire, Romain G., qui était assistant réalisateur de la série Kaamelott, aurait profité de moments festifs pour approcher les camarades de classe de son fils et de sa fille. Selon les éléments de l’enquête, il envoyait des SMS aux parents pour les convaincre de laisser leurs enfants dormir chez lui. Son domicile, aménagé en véritable paradis pour enfants avec toboggan et jeux en tout genre, servait en réalité de théâtre à ses crimes. Les actes qui lui sont reprochés — viols, agressions sexuelles, attouchements — auraient été commis de jour comme de nuit, parfois sous la douche, et systématiquement filmés ou photographiés par l’accusé lui-même.

Une enquête aux rebondissements glaçants

L’affaire avait commencé à émerger lorsque plusieurs parents avaient porté plainte pour des faits concernant trois garçons de la classe de son fils. Romain G. avait alors été mis en examen, avant d’être libéré après son audition en décembre 2024. C’est à ce moment-là que le drame avait pris une tournure inattendue : l’homme avait tenté de se suicider. Hospitalisé, il avait finalement avoué l’existence de vidéos compromettantes et d’autres crimes. Incarcéré depuis, il a été mis en examen de manière supplétive le 10 avril 2026 pour 31 nouvelles victimes, portant le total à 34. La procureure de la République de Villefranche-sur-Saône, Laetitia Francart, a précisé que « tous les mineurs ne sont pas victimes des mêmes infractions », soulignant ainsi l’ampleur et la diversité des actes commis.

Un village sous l’emprise de la méfiance

À Lucenay, aujourd’hui, la confiance a cédé la place à une suspicion généralisée. Les habitants, interrogés par l’AFP et plusieurs rédactions, décrivent un climat délétère où chacun observe l’autre avec méfiance. « Maintenant, quand il y a des soirées pyjama, tout le monde se méfie un peu de tout le monde », confie un parent, amer. « On cherche encore à comprendre l’impensable », ajoute un autre, comme si les mots eux-mêmes peinaient à exprimer l’ampleur du drame. Les familles se déchirent entre colère, incompréhension et culpabilité : comment un voisin, un parent d’élève, un homme en apparence ordinaire a-t-il pu agir pendant des années sans éveiller le moindre soupçon ?

L’école du village, où toutes les victimes étaient scolarisées, est elle aussi en première ligne. Les discussions tournent désormais autour d’une question lancinante : que dire aux enfants ? Faut-il leur cacher la vérité pour les protéger, ou au contraire leur expliquer l’inexplicable pour les armer ?



Un mode opératoire « prémédité et chirurgical »

Me Jean Sannier, avocat de plusieurs familles et de l’association Innocence en danger, n’a pas hésité à qualifier le mode opératoire de Romain G. de « prémédité et chirurgical ». Selon lui, certains enfants auraient été victimes alors qu’ils étaient plongés dans un état de sommeil « non naturel », suggérant l’usage de substances ou de méthodes pour les rendre vulnérables. L’enquête, confiée à la juge d’instruction de Villefranche-sur-Saône, se poursuit activement pour identifier d’éventuelles autres victimes et analyser l’intégralité des supports numériques saisis chez l’accusé.

Une communauté rurale face à l’indicible

Ce drame a profondément ébranlé une communauté rurale habituée à la quiétude. Entre stupeur, colère et tristesse, les habitants tentent tant bien que mal de se reconstruire, tout en veillant jalousement sur leurs enfants. L’affaire rappelle que la pédocriminalité ne frappe pas seulement dans les grandes villes, mais peut s’immiscer au cœur des foyers les plus ordinaires, là où personne ne l’attend.

Les autorités judiciaires et les associations de protection de l’enfance, comme Innocence en danger, appellent à une vigilance collective, tout en mettant en garde contre le risque de paranoïa. « Il faut protéger nos enfants sans tomber dans la psychose », résume un responsable associatif, conscient de l’équilibre fragile à trouver. Pour les 34 familles touchées, le chemin vers la justice et la reconstruction ne fait que commencer.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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