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La justice veut fermer le dossier chlordécone sans désigner de coupable

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Vingt ans après les premières plaintes, la cour d’appel de Paris a confirmé le non-lieu dans le scandale du chlordécone. Les victimes antillaises voient une nouvelle fois la justice pénale leur fermer la porte, alors même que l’État vient de reconnaître sa part de responsabilité dans cette contamination massive.

Utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique jusqu’en 1993, le chlordécone continue de contaminer les terres, les eaux et la chaîne alimentaire. L’Anses rappelle que la molécule a été détectée chez plus de 90 % des personnes étudiées dans la population générale antillaise, dans le cadre de l’étude Kannari.

Le 22 juin, la cour d’appel de Paris a pourtant confirmé le non-lieu prononcé en 2023 dans le volet pénal de l’affaire. Après deux décennies de procédure, l’enquête ne sera donc pas rouverte. Selon l’AFP, relayée par plusieurs titres, les avocats des parties civiles réfléchissent désormais à un pourvoi en cassation.

Auprès de Reporterre, Me Georges-Emmanuel Germany parle d’un « État tricheur, empoisonneur et criminel ». La formule dit l’épuisement d’une population qui voit le droit administratif reconnaître des fautes, tandis que le droit pénal s’arrête au bord du champ contaminé. En mars 2025, la cour administrative d’appel de Paris avait déjà reconnu des « fautes caractérisées » de l’État, tout en limitant fortement les indemnisations.

La contradiction est d’autant plus violente que la loi du 12 juin 2026 reconnaît officiellement la part de responsabilité de l’État dans les préjudices sanitaires, moraux, écologiques et économiques subis par la Guadeloupe, la Martinique et leurs populations. Le texte prévoit aussi un rapport sur l’extension possible du fonds d’indemnisation des victimes de pesticides aux maladies liées à une exposition au chlordécone. Autrement dit, l’État reconnaît sa faute pour la forme, mais la justice pénale ne veut pas appliquer la peine. Le banc des victimes est plein, celui des accusés reste vide.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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