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Addiction : YouTube préfère payer plutôt que comparaître

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Accusé d’avoir nourri l’addiction d’un adolescent aux réseaux sociaux, YouTube a conclu un accord confidentiel avant un procès prévu en Californie. Ce retrait de dernière minute laisse Meta, TikTok et Snapchat face à la justice, dans une série d’affaires qui pourraient fissurer le blindage juridique des géants du numérique.

La plateforme de Google a conclu un accord amiable avec un adolescent de 15 ans, identifié par les initiales R.K.C., qui l’accusait d’avoir aggravé ses troubles psychologiques en l’enfermant dans des mécanismes d’usage compulsif. Selon Reuters, les termes financiers de l’accord restent confidentiels. Le procès devait s’ouvrir en juillet devant la justice californienne, avec Meta, Snap et ByteDance parmi les autres entreprises visées.

R.K.C. affirme avoir commencé à utiliser les réseaux sociaux à l’âge de huit ans. Il dit avoir souffert d’addiction, de manque de sommeil, d’anxiété et de dépression. Au cœur du dossier, on retrouve les mêmes rouages numériques que dans d’autres plaintes : défilement infini, lecture automatique, recommandations algorithmiques.

Google ne reconnaît aucune faute. La firme assure continuer à développer des produits adaptés à l’âge des utilisateurs et des outils de contrôle parental. Cela dit, le choix de l’accord intervient dans un climat judiciaire de plus en plus lourd. En mars 2026, un jury de Los Angeles a déjà jugé Meta et YouTube négligents dans une affaire similaire, portée par une jeune femme qui disait avoir été abîmée par Instagram et YouTube dès l’enfance. Les dommages ont atteint 6 millions de dollars, dont 4,2 millions à la charge de Meta et 1,8 million pour Google.

La ligne de défense des plateformes repose souvent sur la Section 230, cette loi américaine qui protège les services en ligne contre la responsabilité liée aux contenus publiés par leurs utilisateurs. Mais la juge Carolyn Kuhl a récemment refusé un nouveau procès à Meta et Google, car le dossier ne porte pas seulement sur des vidéos ou des publications, mais aussi sur l’architecture même des plateformes, sur ces choix de conception qui capturent l’attention et prolongent l’usage. Reuters recense plus de 3 300 plaintes similaires devant la justice californienne et environ 2 600 autres devant les tribunaux fédéraux américains. Des familles, des collectivités et des établissements scolaires accusent les plateformes d’avoir construit des machines à retenir les jeunes, tout en minimisant les risques pour leur santé mentale. YouTube esquive donc cette bataille, mais bien d’autres devraient suivre.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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