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Bruno Le Maire découvre le précipice qu’il a creusé

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Pendant ce temps-là, l’économie russe n’est toujours pas à genoux ; les finances françaises, elles, cherchent déjà un fauteuil roulant.

Sept ans de pelle mécanique budgétaire

Entre la fin de l’année 2017 et la fin de l’année 2024, la dette publique française est passée d’environ 2 218 milliards d’euros à plus de 3 300 milliards. Plus de 1 000 milliards d’euros supplémentaires sont ainsi venus s’ajouter à l’ardoise nationale pendant le règne budgétaire de Bruno Le Maire. Ce n’est plus un dérapage, c’est une piste de ski olympique. Ce n’est pas seulement l’effet d’une crise, ni le souvenir commode du « quoi qu’il en coûte » : c’est une dérive durable, continue, assumée, un naufrage.

La conversion tardive du gardien du gouffre

Et voici désormais Bruno Le Maire transformé en lanceur d’alerte. Hors du gouvernement, libéré des contraintes de la gestion qu’il a incarnée, il observe l’effondrement de l’État, la fragilisation de la nation et l’étranglement financier du pays avec l’air grave de celui qui découvre la scène du crime. Émouvant. Surtout lorsque l’on se souvient qu’il tenait la caisse au moment précis où la dette explosait. En macronie, la mémoire est sélective ; chez Bruno Le Maire, elle semble avoir été placée sous embargo.

La Russie devait s’effondrer, la France a pris rendez-vous

Il faut aussi se souvenir des grandes tirades de l’époque. En mars 2022, face à l’invasion de l’Ukraine, Bruno Le Maire promettait une « guerre économique et financière totale » contre la Russie. Il annonçait même : « Nous allons provoquer l’effondrement de l’économie russe. » Vladimir Poutine devait plier, Moscou devait chanceler, le Kremlin devait contempler ses ruines sous les applaudissements de Bercy. Quatre ans plus tard, on cherche encore les décombres de l’économie russe. En revanche, côté français, les comptes publics en ruine offrent un spectacle beaucoup plus spectaculaire.

La cohérence macroniste ou l’art de vendre l’extincteur après l’incendie

Pendant que l’effondrement russe se fait attendre, la France s’enfonce sous une dette record, avec des intérêts qui grignotent toujours davantage le budget et une marge de manœuvre réduite à une peau de chagrin. Bruno Le Maire a accompagné l’une des plus fortes augmentations de dette de l’histoire du pays. Il a laissé filer les déficits, validé les dépenses, promis la maîtrise, célébré la responsabilité, puis quitté la scène avant de revenir expliquer que le décor menace de s’écrouler. Il fallait oser. Mais la macronie n’a jamais manqué d’audace lorsqu’il s’agit de facturer aux autres les conséquences de ses propres choix.



Fin de partie ? Pas encore

Le crash économique qui s’annonce n’est pas tombé du ciel, entre deux bulletins de croissance et trois éléments de langage. Parmi les noms inscrits au bas de la facture, il y a celui de Bruno Le Maire. Quant à l’effondrement promis de la Russie, il tarde. Comme souvent avec les prophéties de Bercy, seule l’addition arrive à l’heure.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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