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Une vraie protection ou un nouveau droit sans moyens ?

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La méfiance est de mise : La macronie sait voter des droits magnifiques avant de découvrir qu’elle n’a ni personnel, ni budget, ni calendrier pour les appliquer.

Sur le papier, le changement est majeur. La loi du 13 juillet 2026 prévoit que tout mineur faisant l’objet d’une mesure d’assistance éducative sera assisté par un avocat, sans condition d’âge ni de discernement.

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Dès l’ouverture de la procédure, le juge des enfants devra demander au bâtonnier d’en désigner un. Le mineur pourra également choisir librement son conseil. La mesure entrera précisément en vigueur le 6 janvier 2027.

Autrement dit, l’enfant ne sera plus seulement le sujet d’un dossier rempli par des adultes. Il disposera d’un professionnel chargé de défendre ses droits, de lui expliquer les décisions et, lorsque cela sera possible, de porter sa parole devant le juge.

Un droit élémentaire accordé après des années de scandales

Cette réforme arrive dans un paysage particulièrement sombre. Les dysfonctionnements de la protection de l’enfance ne sont ni nouveaux ni secrets. Dès 2020, la Cour des comptes décrivait une politique dont la mise en œuvre restait « très partielle, voire inexistante ». Elle dénonçait un pilotage défaillant et l’absence de garantie réelle sur la qualité des prises en charge.

Depuis, les témoignages sur les violences, les fugues, les agressions sexuelles et l’exploitation de mineurs placés se sont multipliés. Des enfants officiellement protégés par la République sont trop souvent abandonnés à des prédateurs dans des établissements financés par l’argent public.



Dans ce contexte, l’arrivée systématique d’un avocat constitue une avancée réelle. Un conseil indépendant pourra consulter le dossier, contester une décision, signaler une situation dangereuse et éviter que la version administrative devienne automatiquement la vérité officielle.

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Une belle loi ne recrute pas les avocats

La méfiance reste pourtant légitime. La macronie sait voter des droits magnifiques avant de découvrir qu’elle n’a ni personnel, ni budget, ni calendrier pour les appliquer.

La présence d’un avocat ne servira à rien si celui-ci découvre le dossier quelques minutes avant l’audience, s’il n’est pas formé à la protection de l’enfance ou s’il doit gérer un nombre déraisonnable de situations. Le dispositif suppose des avocats spécialisés, correctement rémunérés et disponibles sur l’ensemble du territoire.

Le Conseil national des barreaux évoquait déjà la nécessité de formations qualifiantes et de moyens spécifiques pour répondre aux demandes de désignation. La loi crée donc une obligation. Elle ne garantit pas encore que chaque barreau pourra matériellement y répondre dans de bonnes conditions.

Un avocat ne réparera pas seul l’ASE

Il ne faudra pas non plus transformer l’avocat en alibi institutionnel. Sa présence ne remplacera ni les éducateurs manquants, ni les magistrats débordés, ni les contrôles dans les foyers, ni les familles d’accueil, ni les enquêtes lorsqu’un enfant dénonce des violences.



Cette loi peut donner aux mineurs un interlocuteur indépendant face à une administration qui enquête, rédige les rapports et exécute ensuite les décisions. C’est précisément pour cette raison qu’elle doit être appliquée sérieusement.

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À partir de janvier 2027, la Macronie pourra annoncer que chaque enfant dispose enfin d’un avocat. Il restera à vérifier que celui-ci possède du temps, des moyens et une véritable capacité d’action. Après tant de promesses faites au nom de l’enfance, la protection ne se jugera plus dans les communiqués, mais dans les foyers et devant les tribunaux.



Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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