Après avoir détaillé, dans une note adressée au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, les failles persistantes dans le traitement des violences sexuelles commises sur des mineurs, Gérald Darmanin est accusé par l’Association nationale de police judiciaire (ANPJ) de dénoncer les problèmes qu’il connaissait déjà lorsqu’il occupait lui-même la place Beauvau.
Dans un communiqué publié ce dimanche, l’association reconnaît les difficultés décrites par le garde des Sceaux, manque d’enquêteurs, dossiers en souffrance, unités spécialisées sous tension, défauts de formation et procédures parfois perdues ou laissées à l’abandon.
L’ANPJ estime toutefois que cette photographie ne peut être dissociée des choix opérés ces dernières années, particulièrement lorsque, ministre, il était aux manettes. Le document, remis en 2023, signalait notamment le risque de voir certaines affaires graves, dont des violences sexuelles sur mineurs, rester sans investigation.
La polémique intervient alors que le gouvernement tente de reprendre la main après l’affaire Lyhanna, jeune fille de 11 ans, retrouvée morte dans le Gers en juin, et qui avait été au centre de plusieurs signalements visant le principal suspect pour des violences sexuelles sur des mineures. L’affaire a déclenché une revue nationale de dizaines de milliers de procédures afin d’identifier les dossiers les plus sensibles.
Dans sa note du 29 juillet, Gérald Darmanin met notamment en avant l’existence de dossiers “fantômes”, d’enquêtes abandonnées ou égarées et le déficit de moyens humains. Il souligne aussi le manque de médecins légistes et d’experts.
Ces tensions mettent aussi en cause la répartition des responsabilités au sommet de l’État, particulièrement tendu depuis juin. L’ANPJ critique surtout la manière dont ces constats sont présentés. Elle affirme que les enquêteurs ont alerté à plusieurs reprises sur la saturation de l’investigation et conteste une réforme de la police judiciaire qui, selon elle, n’a pas réglé la crise des services chargés de la petite et moyenne délinquance.
Darmanin assume son bilan et affirme avoir renforcé les effectifs et les moyens lorsqu’il était à l’Intérieur. Derrière les accusations croisées, le débat porte désormais sur la connaissance ancienne de ces dysfonctionnements et sur les réponses qui leur ont été apportées.










